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Levée de motion de grève par trois centrales syndicales : Des apprenants toujours sans enseignants dans les classes

Pour éviter le chaos d’une année blanche dans l’enseignement, trois confédérations et centrales syndicales à savoir la CSA-Bénin, la CGTB et la CSUB ont levé leur motion de grève pour sauver l’année scolaire.

Cette décision semble ne pas être encore suivie par les militants à la base, les enseignants qui peinent encore à retrouver le chemin des classes. C’est ce qui ressort du constat effectué par une équipe du journal Educ’Action le vendredi 13 avril 2018, jour de départ en congés des apprenants. Reportage !

Du CEG Godomey en passant par le CEG Vêdoko pour ensuite atterrir au CEG Zogbo, la scène est bien désolante quand on sait que certaines coupures de journaux, des chaînes de télévision et de radios de la place ont clamé haut et fort la reprise effective des cours dans les établissements publics après trois mois de grève. Des élèves assis en groupes se livrent à des discussions sans grande importance, d’autres errent dans la cour de l’école ou sur le terrain de sport, certains se livrent à des jeux divers comme les jeux de claquette. Dans le rang de ces apprenants, ceux qui sont plus ou moins conscients de la gravité de la situation qui prévaut dans le secteur de l’éducation, font des exercices entre eux pour rattraper le temps perdu. Rien ne donne l’impression que les cours ont repris. Ce premier constat fait au CEG Godomey dans la matinée du vendredi 13 Avril 2018, où les élèves quittent les classes pour la jouissance des congés de pâques, est le même au CEG Vêdoko et au CEG Zogbo. Seuls les enseignants vacataires occupent quelques-unes des salles de classes de ces établissements. Pour se fier aux propos de Elisée, professeur certifié de sport qui venait à peine de finir son cours au CEG Godomey, seule personne qui a accepté confirmer ou infirmer la reprise des classes dans son Collège, « les cours ont repris à 30% si on considère la présence des enseignants vacataires. Dans le rang des autres enseignants, rien n’a changé. L’absence des enseignants grévistes persiste malgré la levée de motion de grève que nous avons apprise ». Selon Justin Yaovi Sessou, Directeur du CEG Vêdoko, la situation est identique dans son établissement. « Vous avez les yeux pour constater. Rien n’a changé. Les ACE et les APE sont toujours en mouvement de grève. Ceux qui ont dit avoir levé la motion de grève, ne se rendent même pas sur le terrain pour faire leur travail. », s’est attristé le directeur qui s’attendait à ce que les choses rentrent dans l’ordre après la levée de motion d’une frange de syndicalistes. Akobodé Kiki, Censeur du CEG Zogbo, quant à lui, affirme que la levée de motion de quelques syndicalistes ne garantit pas la reprise des cours dans les établissements publics. « La preuve, les choses sont restées intactes alors que nous n’avons même pas encore tenu le conseil pour délibérer les résultats du premier semestre », a signalé le Censeur Akobodé Kiki qui invite le gouvernement à mener des négociations avec le front, seule instance capable de lever la motion de grève pour une reprise effective des classes. Dans son périple, l’équipe du journal Educ’Action constate que la reprise des cours est plus ou moins effective dans certains établissements qui regorgent plusieurs enseignants vacataires.

Les enseignants vacataires sauvent les meubles en attendant une reprise effective …

A la salle des professeurs du CEG ‘‘Dantokpa’’, nombreux sont les enseignants qui ont répondu présents pour dispenser le dernier cours avant le départ en congés des élèves, ce vendredi 13 avril 2018. Constat identique aux CEG ‘‘Zogbo’’, ‘‘Sainte Rita’’ et ‘‘Le Nokoué’’. Dans ces quatre établissements publics d’enseignement secondaire, l’équipe de reportage a remarqué que les élèves dirigés par leurs professeurs sont effectivement présents au cours. Approchés, certains élèves ont affirmé avec beaucoup d’hésitation qu’ils ont fait cours. « Moi, je viens de finir les cours de mathématiques », témoigne un élève de quatrième du CEG Dantokpa. D’autres élèves attendent la fin de la pause pour reprendre les cours d’anglais. Un bémol, tous les enseignants des organisations syndicales qui ont levé leur motion de grève n’ont pas repris les cours. A en croire certains enseignants interrogés, ce sont seulement les vacataires qui interviennent dans les classes. Educ’Action s’est approché de quelques enseignants vacataires qui se sont exprimés sous anonymat. « Non, moi, je suis vacataire enseignant de physique chimie », s’est empressée de répondre laconiquement la jeune dame pour reprendre son cours. Ces propos viennent confirmer ceux des membres de l’administration qui attestent que ce sont les vacataires qui viennent faire cours. Face à cette situation, plusieurs élèves sont laissés pour compte dans plusieurs classes. Pour occuper le temps, ces apprenants jacassent, piaillent et sautent de bancs en bancs comme pour ranimer en eux-mêmes leur vie d’enfance. « En vérité, les cours n’ont pas du tout repris, c’est du bluff », confie hors micro un enseignant Agent Permanent de l’Etat.

Du constat dans le Primaire et le Supérieur …

Pour ce qui concerne le sous-secteur de l’enseignement primaire, notre descente au Complexe Scolaire Jéricho a connu une résistance des enseignants y officiant. Les autorités de l’école ont refusé de nous faciliter l’accès dans l’école sous prétexte qu’elles sont occupées. De loin au portail, le constat fait dans l’après-midi du vendredi 13 avril 2018 montre que trois classes seulement sont ouvertes. Du Complexe Scolaire Jéricho, mettons le cap sur l’Ecole Primaire Publique de Hindé. Ici, la cour de l’école est déserte et les écoliers reçoivent les leçons comme dans un début d’année sans débrayage. Approché, Boniface Agani, instituteur au CM2, affirme qu’en dépit des grèves perlées qui secouent le système éducatif, les cours se déroulent normalement dans son école. Par ailleurs, il a témoigné que les apprenants demeurent leurs enfants et qu’ils n’ont pas le droit de les sacrifier. Néanmoins, il a déploré le fait qu’il était régulièrement au cours mais qu’il a été victime d’une défalcation sur salaire pour le mois de février. A l’Université d’Abomey-Calavi, l’Intersyndicale des enseignants du Supérieur a levé depuis quelques semaines sa motion de grève, mais l’enceinte du campus déserte porte à croire que c’est déjà la période des vacances par ici. Amphithéâtres fermés, portes des bureaux des institutions spécialisées closes, l’opération du campus mort déclenchée par les organisations estudiantines à l’issue de l’Assemblée Générale du jeudi 12 avril 2018 est en pleine effervescence sur le campus.

La Rédaction

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