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Bras de fer Gouvernement-Syndicats : Ce dialogue de sourd tue l’école béninoise

La situation va de mal en pire. Le secteur de l’éducation est assiégé par une marre de crises ouvertes sur plusieurs fronts. Les enseignants des sous secteurs de la Maternelle, du Primaire, du Secondaire et du Supérieur, dans le public, observent la paralysie, qui s’enlise depuis des semaines, au grand dam des apprenants et étudiants.

L’école béninoise ainsi mise en berne, peine à se relancer. Une fois encore, quelle porte de sortie ?

Nous sommes sérieusement froissés et lassés de vivre impuissants, l’effondrement du secteur éducatif au Bénin. Environ deux (02) mois que l’école publique, hypnotisée par le débrayage en cours, cesse d’accueillir les apprenants avides de savoirs. L’intelligentsia de demain, ainsi sacrifiée sur l’autel des intérêts corporatistes, vogue dans le désespoir, le cœur meurtri et la mine serrée. Il faut oser le dire ; elle est simplement et fortement éprouvée en raison de ce dialogue de sourd entre deux blocs antagonistes. Désorientés et contrebalancés par la guerre de clochés des adultes, ces apprenants vidés de leur envie, ont donné de façon retentissante l’alerte, la semaine écoulée. Dans les rues, ils pensaient trouver en face des interlocuteurs compatissants au cœur de femme, à même de vivre leurs crucifies, et capables de plaider pour la renaissance de l’école béninoise agonisante. Hélas, peine perdue. Le macadam battu n’a nullement résonné dans la tête des jusqu’auxboutistes qui n’ont de plaisir que de nourrir un bras de fer intermittent et suicidaire. A Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, Lokossa, Covè, Zagnanado et Djougou, la vague déferlante des écoliers et élèves en uniforme kaki a avalé des kilomètres, traversé des artères, branchages et pancartes en mains, pour marquer son indignation face à l’école en berne. Et pourtant ! Le bras de fer entre Gouvernement et syndicats demeure vivace. Le dialogue de sourd est plus que perceptible avec moins de chance de trouver, du moins tout de suite, la porte de sortie. Chaque versant, dure comme de roc, brandit son argumentaire rapidement balayé par les écrits noirs de telle ou telle autre disposition de la Constitution ou du Bureau International du Travail, BIT. Et ainsi, nous nous enlisons dans l’impasse. Je voudrais alors me permettre cette indocilité : A quoi ont servi les rencontres du premier d’entre nous avec les corps constitués, en l’occurrence les factions religieuses : les catholiques, les évangéliques, les musulmans, etc. Qu’ont-ils prodigué comme conseils au Chef de l’Etat ? Le durcissement ou le dégel ? On constate seulement que les fruits n’ont pas porté la promesse des fleurs, si ce n’est l’annonce faite récemment par le Gouvernement de céder à la signature d’une demi douzaine d’arrêtés portant sur le statut des enseignants, l’une des pommes de discorde. Du côté des syndicalistes, on semble renoncer à tout effort de concession. On veut tout avoir malgré l’état de santé financière de la caisse commune. Le prétexte constamment agité pour soutenir le durcissement est bien les ‘’fameux salaires politiques’’. Pour une fois, essayons d’être des intellectuels dotés de la raison et mus par le bon sens. Qu’un ministre de la République ou qu’un préfet qui a rang d’autorité gagnent des centaines de mille le mois ne devrait sérieusement pas constituer un mobile de gel. Il est un secret de polichinelle que les postes politiques, dans tout Etat, répondent à quelques profits. Pour la charge du travail, ils bénéficient bien d’un traitement particulier en raison des contraintes, risques qui y sont afférents. Par ailleurs, il faut bien les mettre dans des conditions qui les dispensent des pièges de corruption. Et pour finir sur ce point, un enseignant ne peut jamais prétendre jouir des mêmes privilèges qu’un politique. Certes, l’abus ou la forte disparité dans les traitements peut bien être une source de discorde. Mais, sommes-nous actuellement à cette probabilité au point de mettre aux enchères l’avenir de nos apprenants ? Sachons raison garder. Autre aberration, c’est cette opposition à la défalcation. Je suis tombé des nus que des grévistes qui, en toute conscience et responsabilité, ont observé des mouvements de débrayage, s’opposent à la défalcation. Le principe de la responsabilité devrait les y conduire : que le gréviste, donc le fonctionnaire de l’Etat, qui n’a pas apporté de la valeur ajoutée en délaissant le travail, s’attende aussi à des retranchements. C’est juste une question de bon sens. Pour revenir au bras de fer, il y a tout de même un rubicond à ne pas franchir pour sauver l’année scolaire. L’année blanche, nous en avons été victimes dans les années 89 - 90. Les conséquences ont été très lourdes pour les familles : des abandons, des grossesses en série, des divorcés sociaux. Les parties en ‘’conflit’’ doivent impérativement renouer avec le dialogue. Seul gage pour sauver l’année.

Serge David ZOUEME

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