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Grèves dans le secteur de l’Education : Plusieurs localités du pays en ébullition

Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, Lokossa, Covè, Zagnanado et Djougou étaient en ébullition hier. Enseignants et apprenants ont pris la rue pour marquer leur désapprobation.

Motif principal : les lettres d’avertissement des Ministres des enseignements maternel, primaire et secondaire aux enseignants grévistes.

Deux notes de service semblent horripiler les acteurs de l’école qui ont donné de la voix dans la matinée d’hier sur l’ensemble du territoire national par diverses manifestations et des mouvements d’humeur. Pancartes en mains, banderoles rouges au front, des messages hostiles à la défalcation et des mises en garde fermes sur fond de menaces d’invalidation de l’année académique en cours sont, entre autres, le résultat d’une décision prise comme une provocation dans le rang des enseignants du Bénin, tous secteurs confondus. Ils ont donné de la voix dans presque l’ensemble des départements du Bénin pour exiger la restitution des défalcations opérées sur leur salaire pour fait de grève, le virement des salaires du mois en cours et la satisfaction totale des revendications corporatistes. Toute chose qui conditionne la reprise des activités académiques, selon les manifestants. Que ce soient les départements du Littoral, de l’Atlantique, du Mono, du Borgou, de l’Alibori, du Zou ou encore de l’Ouémé, aucun n’a résisté à la furie des manifestants visiblement décidés à en découdre avec le pouvoir Talon qu’il invite à la retenue et à la sagesse.

Cotonou (le Littoral) a donné le ton des manifestations …

Le CEG Gbégamey a été le théâtre d’une échauffourée dans la matinée d’hier entre les élèves et les éléments de la Police Républicaine. Résultat, débandade totale, ça courait dans tous les sens, la reprise des classes hypothéquée. Au CEG Le Méridien à Cococodji, le deuxième plus grand après le CEG Suru-Léré à Akpakpa, les activités académiques et pédagogiques ont également du plomb dans l’aile. Elles n’ont pas, non plus, repris dans la matinée d’hier comme le stipulait la note de service du Ministre Mahougnon Kakpo. Raison évoquée, l’AG des enseignants bloquerait la reprise. Même constat au CEG Pahou où la paralysie est perceptible dans cette même matinée d’hier. A environ 30 minutes de route du CEG Gbégamey, ce sont les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi qui ont boqué la voie menant du carrefour Tankpe au carrefour IITA pour protester contre la mesure d’interdiction du Préfet du Littoral de marcher sur le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique pour obliger l’autorité ministérielle à donner suite à leurs revendications. Le mouvement s’est par ailleurs intensifié dans le département de l’Atlantique.

Le virus des manifestations s’empare de l’Atlantique …

Calavi, Ouidah, Toffo, Kpomassè, Zè, Tori et Sô Ava sont les communes les plus touchées par des manifestations syndicales tôt dans la matinée d’hier. Ensemble, les enseignants des communes ci-dessus citées ont exigé la satisfaction totale de leurs revendications avant toute réouverture des salles de classes. « Sans la satisfaction totale de nos légitimes revendications, nous ne reprendrions pas les classes », ont scandé les manifestants visiblement décidés à violer les conclusions du Conseil des Ministres et à braver la décision des autorités étatiques. D’une commune à une autre, la détermination reste totale et le message, le même. C’est le cas du département du Borgou, qui, lui aussi, est entré hier dans la danse après une Assemblée Générale.

Une AG lance les hostilités dans le Borgou …

C’est après une Assemblée Générale (AG) tenue dans la matinée de ce lundi 05 mars 2018 au CEG Guéné que les participants ont décidé de battre le macadam pour se faire entendre par le pouvoir Talon. Pour boycotter la reprise des classes et justifier la cessation pure et simple des activités académiques, les manifestants brandissent comme motif, le non virement des salaires depuis le mois de Décembre 2017. Ces enseignants qui déclarent être non payés à ce jour, disent se foutre de la menace de radiation brandie par le Conseil des Ministres du 28 février 2018 et décrètent l’école morte. Très menaçants à leur tour, ils disent avoir anticipé sur l’intention de radiation du gouvernement du Nouveau Départ en déposant d’ores et déjà les clés des salles de classes aux gouvernants.

A Djougou, les cours ont laissé place aux séances d’informations et de sensibilisation …

Séances d’informations et de sensibilisation ont remplacé les cours au CEG 1 Djougou, de retour des congés de détente ce lundi 05 mars 2018. Alors qu’on s’attendait après le salut des couleurs à une reprise normale des activités académiques pour rattraper le retard dans l’achèvement du programme, lié aux grèves perlées qui frappent de pleins fouets le secteur de l’éducation depuis quelques mois déjà, c’est à une véritable séance d’informations et de sensibilisation qu’ont eu droit les enseignants de ce Collège. Placée sous l’autorité de tous les Secrétaires Généraux départementaux et communaux, celle-ci a consisté à informer et à sensibiliser les enseignants sur les stratégies à mettre en œuvre pour la poursuite sans faille et avec détermination de la grève jusqu’à satisfaction totale des revendications. Pour ce CEG qui n’entend pas jouer les derniers rôles dans ce combat des enseignants du Primaire et du Secondaire, le programme prévoit pour ce jour mardi la fermeture totale des classes. Pour demain, le même programme prévoit la tenue d’une gigantesque marche avec comme pour point de départ, l’Ecole Urbaine Centre de Djougou. L’itinéraire retenu par les organisateurs de cette marche est : EUC-Djougou-Rond point du grand marché-Carrefour Mairie Djougou-Pharmacie Madina pour échouer à la Préfecture. Pour cette marche à laquelle prennent part tous les enseignants de la maternelle, du Primaire et du Secondaire de Djougou, de Copargo, de Ouaké, de Bassila et de Natitingou, elle est prévue pour démarrer demain à 7heures et ceci par tacite reconduction jusqu’à satisfaction des revendications, a confié à Educ’Action l’un des organisateurs joint au téléphone qui a requis l’anonymat.

Le ras-le-bol des élèves exprimé à Lokossa …

C’est une marrée humaine peu ordinaire qui a envahi, ce matin du lundi 05 mars 2018, la cour de la Mairie de Lokossa. Les hôtes de l’autorité municipale ne sont personne d’autre que des usagers peu ordinaires, venus non pas pour le retrait des pièces administratives, mais en tenue Kaki pour exprimer un sentiment de révolte suite aux cours qui tournent au ralenti dans leurs écoles depuis que les vieux démons appelés grèves sont de retour. Le temps scolaire n’attendant pas les deux parties en conflit, les examens de fin d’année pointant le nez, les élèves visiblement soucieux de leur avenir et de la couleur avec laquelle les deux parties (gouvernement et syndicats) tentent de la badigeonner, ont décidé de donner de la voix. Loin de recevoir des cours d’initiation syndicale, les voici à bout de patience dans les rues pour dire leur mécontentement face aux querelles nées de l’interprétation des textes sur l’observance du droit de grève, selon les courants et écoles de pensées. Laquelle interprétation, faut-il encore le rappeler, semble obérer la paie des travailleurs dont le combat des acteurs de l’école est d’obliger l’employeur à les restituer avant la poursuite et l’achèvement de la session ordinaire du dialogue social.

L’Ouémé, solidaire des mouvements de débrayage …

Le constat est le même d’un département à un autre avec quelques variantes relatives aux choix de la stratégie et de la méthode. Si ailleurs, les mouvements ont été des plus virulents, à Porto-Novo par contre, ce sont les AG qui prédominent. C’est le cas du CEG Danto, du CEG Djègan Kpèvi. Chacun par contre y va de ses arguments pour justifier la paralysie des activités académiques. Si l’option de l’AG a prévalu au CEG Djègan Kpèvi, les élèves sont passés à l’offensive au CEG 1 Lobogo prétextant du déchargement de leur directeur, le sieur Degbo. Il en est de même au CEG Koutongbé.

Le département du Zou a aussi fait parler de lui …

Le CEG 1 Covè était également en ébullition dans la même matinée d’hier. Très tôt le matin, les élèves ont fermé toutes les portes des classes au profit d’une marche pacifique à l’intérieur de l’établissement pour réclamer les cours, rapporte notre correspondant sur place. Au CEG Zanagnado à moins d’heure de route du CEG 1 Covè, les élèves ont pris d’assaut la cour, réclamant le dégel de la situation dont seuls ceux qui peuvent lire dans les boules de cristal peuvent prédire la fin.

Romuald D. LOGBO

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