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Le Ceg 2 Ekpê divisé entre dortoir privé et lieu d’instruction

Plusieurs établissements publics du Bénin partagent leurs superficies avec des riverains qui s’y installent souvent anarchiquement avec la complicité des autorités.

Le Collège d’Enseignement Général (CEG) 2 Ekpè n’échappe malheureusement pas à ce phénomène qui commence à devenir récurrent. Dans la présente enquête, Educ’Action est allé à la rencontre des parents d’élèves, des autorités locales, des mis-en-cause, pour éclairer l’opinion sur la question. Au regard des constats faits et des propos recueillis, le déguerpissement des occupants illégaux de ce collège d’enseignement général semble ne pas être pour demain…

Samuel Kouchico, agent de la Coopérative du meuble à la retraite, fait partie des nombreux riverains qui occupent illicitement l’espace du Ceg 2 Ekpè. Il confesse : « Nous sommes sur ce terrain depuis plus de trente ans… Le premier comité de recasements et de lotissements nous a trahis en nous promettant de nous recaser. Chaque fois qu’ils viennent, nous leur donnons de l’argent, puisqu’ils nous en demandent. Quelques années après, un nouveau comité est venu nous réaffirmer son engagement à nous trouver d’autres terrains. Rien que des promesses électorales ! Finalement, nous avons eu des terrains marécageux. Et Depuis lors, nous avons la pression de vider les lieux. Malheureusement, vieux que nous sommes, nous n’avons plus de moyens de dépenser dans la construction.» Le vieux Samuel Kouchico, visiblement déçu de la manière dont ils ont été, pendant tout ce temps grugés, trompés, ne sait à quel saint se vouer aujourd’hui alors que du côté de l’Association des parents d’élèves, la machine est en branle pour récupérer les espaces occupés. « Le problème d’occupation nous a donné assez de torts », s’indigne Désiré Kpadonou, président de l’APE du Ceg 2 Ekpè. La présence des riverains sur la surface du Ceg, ajoute-t-il, fait que les nombreux projets pour accompagner la construction des modules de classes du Ceg et son aménagement ne portent pas leurs fruits. Par exemple, « la Fondation Sébastien Ajavon (FSA) qui a visité plusieurs fois le Ceg, ne bouge pas d’un pouce parce qu’elle n’accepte pas soutenir un Ceg qui abrite encore ses riverains. C’est pareil pour d’autres projets qui sont restés en veilleuse à cause de la présence des habitants sur le site. Néanmoins, les gestionnaires de ces projets sont tous dans l’espoir d’apporter, un jour, leur pierre à l’édifice », informe le président de l’APE.

Des causes profondes du non déguerpissement des lieux

Selon Narcisse Gounou, fils d’un propriétaire terrien : « le recasement devrait être fait depuis plus de huit ans. C’est tout récemment que le comité a proposé des parcelles marécageuses dans les bas-fonds d’Ekpè aux riverains du Ceg. Plus grave, ces parcelles sont en zone litigieuse, de l’ordre de 11 mètres sur 19 ». A tout cela s’ajoute l’incapacité financière des riverains à reconstruire une habitation à l’heure de leur retraite sans aucun soutien du gouvernement. Tout comme lui, les riverains interrogés s’offusquent de l’attitude des APE et du comité qui semblent ignorer qu’ils avaient aussi payé des sommes d’argent pour acquérir les parcelles querellées. « En réalité, il faut dire que c’est un domaine de l’Etat, ce que nous ignorions. Avec le nouveau chef quartier, il est prévu que le Ceg soit un peu morcelé pour nous installer parce que nous sommes nombreux. Mais, dès que l’Association des Parents d’Elèves (APE) a été informée, elle s’est précipitée pour construire des bâtiments sur les limites du Ceg, bloquant toute initiative du chef. Conséquence, le géomètre ne peut installer personne », a éclairé Narcisse Gounou.

Des riverains insatisfaits qui ne démordent pas

Les informations glanées sur le terrain montrent que le géomètre en harmonie avec le comité de recasements/lotissements a pu trouver des portions de terrain à certains propriétaires sur des terres fermes et d’autres dans des marécages. Deux poids deux mesures qui ne réjouit pas le cœur de ceux qui se sentent lésés. Aussi, n’entendent-ils pas bouger des lieux avant une meilleure situation. L’enceinte du Ceg regorge d’un grand nombre de riverains et les faire partir constitue un vrai casse-tête pour les élus des collectivités locales. « Il y avait assez de riverains. Aujourd’hui, je suis en train de les recaser. Ils sont une trentaine à déjà vider les lieux », déclare Ibrahim Akala, chef quartier de PK 10. Cette situation n’est pas de nature à favoriser les apprentissages dans le Ceg, se désole Faïhoun China Oussou Yovo, actuel directeur du Ceg 2 Ekpè, qui ne baisse cependant pas les bras pour trouver des solutions aux multiples difficultés enregistrées dans ce CEG et sur lesquelles nous reviendront dans nos prochaines parutions.

Hermann M. SAGBOHAN

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