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Echec massif des candidats au BEPC 2018 : L’école béninoise à la recherche d’un nouveau paradigme

Le marasme éducatif vient à nouveau de s’illustrer aux travers des résultats catastrophiques de l’examen du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) 2018 avec seulement 28,63% d’admis à l’échelle nationale. Face à l’hécatombe, les vraies questions méritent d’être soulevées avec une fenêtre ouverte sur la recherche d’une nouvelle approche, d’un nouveau paradigme pour le système éducatif effrité du Bénin.

 

Et comme les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, nous voici à nouveau dans l’arène des analyses pertinentes en vue d’opiner sur la crise éducative, la crise des connaissances qui se produisent actuellement au Bénin, en l’occurrence dans le rang des acteurs de l’école. A la grande surprise de certains, l’examen du BEPC 2018 a livré son verdict : 51 595 candidats déclarés admissibles sur 180 197, soit un pourcentage de 28,63 contre 71,37% de taux d’échec. L’émoi s’invite depuis lors et à raison au sein des différents acteurs du système. Chacun comme dans pareille circonstance, y va de ses commentaires et invectives, dévisageant le diable dans l’autre. A en croire des parents d’élèves totalement inconsolables qui ont pris d’assaut, ce weekend, les antennes des radios pour déverser leur fiel, les enseignants auraient délibérément sacrifié leurs progénitures sur l’autel de leurs intérêts pécuniaires, faisant ainsi allusion à la longue période des débrayages. Qu’il vous en souvienne, le service public avait été forcé à trois mois de grève, de janvier à fin avril 2018. Du côté des enseignants, froissés dans leur amour et égo, ils ont vertement rejeté le tord sur les gouvernants qui, selon eux, auraient laissé perdurer à volonté les grèves au lieu d’y apporter des solutions appropriées et opportunes. Réponse du berger à la bergère, dans le rang des autorités, on opine, en revanche, sur le niveau délétère et les compétences à désirer des enseignants. Les apprenants, candidats à l’échec, observent sans voix ce spectacle de vilain goût. Dans ce jeu de ping-pong à la fois nocif et funeste, que devrait alors recommander le bon sens ? A y voir de près, l’heure ne devrait être aux accusations mutuelles, mais plutôt à la recherche collective d’un nouveau paradigme pour sortir progressivement certes, mais définitivement l’école béninoise de son état embryonnaire. Pour dire vrai, le système éducatif est malade de sa structuration, mais également du contenu de l’offre éducative. Sur le premier versant, au prix du copinage et des accointances parfois politiques, on a malencontreusement enrôlé dans le secteur de l’éducation au Bénin, des enseignants de bas niveau avec des compétences douteuses. Le corps de contrôle fait des inspecteurs, l’une des chevilles ouvrières du dispositif éducatif, est parfois et plus en plus moins proactif ; et la liste n’est pas exhaustive. Sur le second versant, les connaissances transmises aux apprenants dans une pédagogie à parfaire, ne reflètent toujours pas les besoins et enjeux du moment. Et c’est là toute la pertinence du rapport du PASEC 2014. En effet, ce rapport de l’an 2014 du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN à savoir la Conférence des Ministres de l’Éducation des Etats et Gouvernements de la Francophonie, qui vise à informer sur l’évolution des performances des systèmes éducatifs afin d’aider à l’élaboration et au suivi des politiques éducatives, classe le Bénin 9ième sur 10 pays évalués (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo, Niger, Sénégal, Tchad et le Togo). Il renseigne, par ailleurs, que les apprenants du sous-secteur de l’enseignement primaire n’ont pas un bon niveau de compétences en français et en mathématiques. C’est dire alors que le vers est dans le fruit depuis bien longtemps sans une thérapie de choc pour le neutraliser. Et c’est sûrement l’une des motivations de la volonté du gouvernement à travers le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire (MEMP), d’évaluer les enseignants même si l’approche reste à murir pour éviter, à la longue, d’autres mouvements de résistance de ces enseignants. Aujourd’hui, l’école béninoise est à la croisée des chemins. Le massacre a trop duré, nécessitant expressément un parangon totalement original et novateur pour sortir l’école des sentiers battus et des rengaines infamantes de chaque année. Dans une unité d’action, les acteurs de l’école doivent entrevoir un autre paradigme pour refaire l’image du système éducatif, offrir un cadre de compétences approprié et opportun pour les apprenants et repenser autrement la politique éducative du pays pour des lendemains meilleurs. Heureusement que le chef de l’Etat, lors de son show médiatique d’avant fête de l’indépendance, a marqué sa volonté de réformer le secteur. Alors, wait and see !

Serge David ZOUEME

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