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Face au blocage dans le secteur de l’éducation : Qui pour enfin sauver l’école ?

La question hante tous les esprits mus par la réouverture des écoles et établissements publics et la reprise effective des activités académiques dans les salles de classes. Déjà plus de deux mois que la somnolence dure dans ces lieux d’apprentissage et de savoirs, projetant en vrac des apprenants au destin hypothéqué. Et ceci du fait de deux acteurs clés : les partenaires sociaux et le gouvernement dos à dos. Là maintenant, le pire est à craindre.

 

L’école à la recherche d’un vrai et véritable sauveur ; ceux qui se sont essayés à l’exercice de délivrance ayant tous échoué. On s’étonne et pire, on s’inquiéte sérieusement de la crise couplée au blocage actuel de la situation dans les salles de classes de l’Etat. Plus de deux mois que les traces blanches des craies ne violent plus le fond noir ou vert des tableaux pour fait de grève latente. Les enseignants dans l’ombre du Front d’action des syndicats de l’éducation du Bénin ont collégialement renoncé à leur sacerdoce à l’exception de quelques rares vacataires qui tiennent à leur paye l’heure. Les apprenants, eux, livrés eux-même, s’offrent de nouveaux plaisirs parfois immoraux loin de l’école. Le gouvernement dit n’avoir pas les ressources nécessaires et suffisantes pour contenter les grévistes ; les enseignants, de leur côté, croient que le miracle gouvernemental est bien possible, prétextant des salaires politiques. Le bras de fer est donc bien perceptible. Face à ce désamour, l’échec des médiateurs dans la crise a été cuisant. On se rappelle la série des interventions de différents corps constitués pour aboutir au dégel. La Conférence épiscopale, les évangéliques, les musulmans, les dignitaires de la religion endogène, ils ont tous ergoté avec le souhait ardent de faire fléchir les positions de part et d’autre. Puis, le président du Conseil économique et social qui s’est mis dans la danse pour arracher des syndicats le oui de la reprise. Le président de l’Assemblée nationale est aussi passé par là, mais en vain. Récemment, le Médiateur de la République s’est retrouvé dans un rôle majeur de conciliateur des camps en faction. Plusieurs jours durant et avec ses propres collaborateurs, l’homme porteur de paix de la République a rencontré certains acteurs de la crise pour des entrevues qui ont conduit, selon les indiscrétions, à des échanges plus profonds et sincères. Seulement, des jours sont passés et toujours le statut quo. Les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs et l’école béninoise éprouve toutes les peines du monde pour s’éveiller. Alors qu’apprenants et enseignants grévistes sont actuellement en congé de pâques, il faut pouvoir mettre le temps du répit à profit pour trouver le sauveur, le vrai. De l’analyse de l’évolution de la situation à la date d’aujourd’hui, ce sauveur de l’école n’est certainement pas le gouvernement, encore moins les syndicats ou partenaires sociaux. Il n’est ni les corps constitués qui ont montré leur limite. Il ne sera sûrement pas la première autorité du Ces ou alors celle de l’institution parlementaire. Et qui alors ? Il faut garder bon espoir que ce personnage atypique jouissant d’une bonne marge d’intégrité, d’influence et capable d’influer la personnalité du chef de l’Etat, existe bel et bien dans la cité Bénin. Il s’agira d’un vrai artisan de paix et hautement stratège puis unificateur, capable d’aider véritablement à résorber la crise. Il doit jouir d’une bonne dose de neutralité et incarnant une grande couverture de confiance pour agir décemment sur la conscience des grévistes et partenaires sociaux. Le Bénin est une terre d’intelligents et les uns et les autres sauront mettre en avant cette capacité et atout pour transcender les divergences, les incompréhensions afin d’asseoir les bases d’un dialogue franc et fécond pour sauver l’année scolaire et académiques dans l’intérêt premier et unique des apprenants.

Serge David ZOUEME

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