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Confusion autour du débrayage dans le secteur de l’éducation : La CSA-Bénin, la CGTB et la CSUB lèvent leur motion de grève, le Front ne démord pas

Bonne nouvelle ! La CSA-Bénin, la CGTB et la CSUB lèvent leur motion de grève pour sauver l’année scolaire. Seulement, cette euphorie collective sera de courte durée. Et pour cause, le Front d’actions des syndicats de l’éducation semble ne pas être favorable à la reprise des cours, dès ce mardi 9 avril 2018, comme contenu dans la déclaration des centrales et confédérations syndicales.

 

Une décision historique !, peut-on exclamer à l’appréciation de la profondeur de la fronde sociale en cours, en l’occurrence dans le secteur de l’éducation paralysé depuis le 16 janvier 2018. Trois syndicats majeurs du pays sur les sept (07) viennent de décider de la suspension de la grève pour, arguent-ils, « éviter à notre peuple le chaos ». Il s’agit nommément de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA Bénin), de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB) et de la Centrale des syndicats unis du Bénin (CSUB). Dans une déclaration de suspension de la motion de grève qu’ils ont conjointement signée et rendue publique, hier lundi, les trois secrétaires généraux à savoir : Anselme Amoussou, Moudassirou Bachabi et Christophe Houéssionon entendent dire ‘’ Non à une année académique blanche voulue et programmée par le gouvernement’’. Face à l’enlisement de la crise et en dépit de l’inflexibilité du gouvernement, les responsables syndicaux ont pu tirer des notes de satisfaction de ce mouvement de débrayage qui se résument aux points suivants : réaffirmation de l’Etat de droit, restauration définitive du droit de grève pour tous les travailleurs, début de l’effectivité de la rétrocession des défalcations pour fait de grève par le paiement intégral du salaire du mois de mars malgré la poursuite du mouvement qui a généré les défalcations sur salaire du mois de février, résurrection du dialogue social et la reconnaissance de ses vertus par tous, puis l’urgence du déploiement de modules de formation pour une meilleure préparation de nos militants à un syndicalisme vrai et pur. « Dans les circonstances actuelles où le chaos semble être voulu, recherché et entretenu par le gouvernement lui-même, notre position de responsables et de leaders exige de nous, l’audace de risquer la lucidité malgré l’ambiance de grave crise de confiance et de suspicion généralisée... Camarades travailleurs, c’est fort de ces évidences et de la nécessité de démontrer une énième fois encore notre bonne foi à la face du monde que, tout en rejetant en bloc les propositions humiliantes du Gouvernement relatives notamment aux statuts particuliers des enseignants et en dénonçant son silence sur les autres points de revendications, nous décidons de la suspension de la motion de grève en cours depuis le 16 janvier 2018 et appelons l’ensemble des travailleurs à reprendre le travail dès le Mardi 10 avril 2018 », ont décidé, de façon consensuelle, les trois secrétaires généraux. La CSA-Bénin, la CGTB et la CSUB, levant ainsi leur motion de grève, appelant l’ensemble des travailleurs, en l’occurrence les syndicats d’enseignants, à reprendre le travail, ce Mardi 10 avril 2018.

Le Front d’actions des syndicats de l’éducation dans la fermeté

Avec cette déclaration de suspension de la motion de grève des trois centrales et confédérations, on s’attendait, non pas au maintien de la radicalisation de la position du Front d’actions des syndicats de l’éducation, mais plutôt à un dégel pour la reprise des classes dans le public. Hélas, de l’avis d’un des responsables de cette entité syndicale autonome, il n’y a pas lieu de se réjouir. Joint hier, lundi 9 avril 2018, au téléphone par le Groupe de presse Educ’Action, Hermann Gildas Kpossou, Secrétaire Administratif du Bureau national du Front d’actions des syndicats de l’éducation, et Secrétaire Général de la Fédération des syndicats de l’éducation, de la culture, de la jeunesse et affiliés (FESECJA), affiliée à la CSA-Bénin, martèle que le Front ne se reconnaît pas à travers cette décision, qui, d’ailleurs, n’impactera nullement l’engagement et la fermeté des acteurs de l’école, surtout les enseignants. « Vous verrez que les enseignants ne reprendront pas comme l’indique la déclaration. Le Front n’est affilié à aucune centrale ou confédération syndicale. Il est autonome... », a-t-il confié à Educ’Action.

La CSTB, la COSI-Bénin et l’UNSTB durcissent le ton

Alors qu’on mettait sous presse, une nouvelle déclaration faite par la CSTB, la COSI-Bénin et l’UNSTB et parvenue à la rédaction de Educ’Action, conditionne la reprise des activités académiques à la retrocession des défalcations et à la satisfaction des revendications enseignantes. «... Il est hors de question qu’on fasse trois mois de grève et qu’on arrête sans une moindre satisfaction surtout dans un contexte où le gouvernement veut retirer dans les faits le droit de grève à tous les travailleurs », ont martelé les sécretaires généraux de ces syndicats.
En attendant le contact de terrain, la confusion demeure autour du débrayage dans le secteur de l’éducation, et les apprenants toujours livrés à eux-mêmes.

Serge David ZOUEME

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