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Grèves des enseignants dans le public : Les écoles privées invitent les protagonistes au dialogue

La situation qui prévaut depuis plus de deux mois dans le secteur public ne laisse personne indifférente. Parents d’élèves, élèves et acteurs du système s’indignent et se posent des questions sur ce que sera l’année.

Educ’Action a sillonné quelques établissements privés pour s’imprégner du regard que portent les autorités des écoles privées sur la question.

«L’éducation est un secteur vraiment sensible, très sensible au point où personne ne doit s’amuser avec », a fait observer Germain Ganlonon, fondateur du Complexe scolaire ‘‘Bon Berger’’ qui estime que ni le Gouvernement, ni les enseignants du public ne mesurent vraiment pas le tort qu’ils causent au système ainsi qu’aux apprenants. Selon le fondé, les situations de débrayages observées dans le public n’ont jamais été profitables, ni pour les apprenants, ni pour les parents, ni pour les enseignants aussi bien du public que du privé. De là, avance-t-il, toutes les cartes doivent se jouer entre syndicalistes et Gouvernement bien avant la rentrée des classes, chaque année, pour éviter des cristallisations du genre. « Normalement avant la rentrée des classes, les syndicalistes et le Gouvernement devraient dialoguer et s’entendre sur les points de divergence. Une fois qu’il n’y aurait pas consensus, les syndicats peuvent choisir de ne pas ouvrir les portes des classes à la rentrée. Et là, c’est encore mieux et cela nous éviterait les perturbations que nous constatons en pleine année scolaire », a-t-il signifié à Educ’Action. De son côté, Hervé Houangni, directeur des enseignements scolaires du groupe scolaire ‘‘Le Berger Fidèle’’, semble bien comprendre la position des enseignants grévistes. « Je pense que les enseignants sont dans leur plein droit de réclamer l’accord de certaines choses au Gouvernement, tout simplement parce qu’ils n’ont pas un bon statut jusqu’à présent », a-t-il déclaré, condamnant le silence du Gouvernement. Toutefois, il se dit réaliste par rapport aux défalcations sur salaires observées le mois dernier dans le rang de ces enseignants grévistes. « Dans la loi ou le code qui régit le secteur du travail, celui qui n’a pas travaillé et dont la responsabilité n’incombe qu’à lui-même, c’est-à-dire qu’il n’a pas demandé une permission au préalable, ne doit pas exiger qu’on lui paie le salaire», a clarifié le directeur des enseignements scolaires, pour justifier la démarche du Gouvernement sur la question des défalcations. A en croire ces deux acteurs de l’école, les mouvements de débrayages laissent des séquelles parfois indélébiles dans la vie des apprenants. « Avec ces grèves répétitives au Bénin, nous enregistrons des cas de délinquance juvénile au niveau, des déscolarisés, des grossesses précoces et non désirées et une forte propension à la cybercriminalité », a souligné Germain Ganlonon, fondateur du Complexe scolaire ‘‘Bon Berger’’. Son compère du groupe scolaire ‘‘Le Berger Fidèle’’, Hervé Houangni, déclare : « c’est en ces périodes des grèves que nous avons les nombreux cas de grossesses dans le rang des filles, et les enfants en général désapprennent ». Pour une sortie de crise, ils exhortent le Gouvernement et les syndicalistes à tiédir les positions dans l’intérêt des apprenants. « Je voudrais exhorter les centrales syndicales à regarder un peu du côté des apprenants et des parents d’élèves qui souffrent. Au gouvernement, de revoir un peu sa copie et de trouver un terrain d’entente avec les enseignants afin que les cours reprennent dans un bref délai », ont-ils conseillé.

Estelle DJIGRI

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