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Contraints à l’obtention du BEPC et de la moyenne de classe pour le passage en 2nde : Des élèves partagés entre découragement et abandon des classes dans le public

Des censeurs de CEGs apprécient diversement cette mesure de l’ex ministre Lucien Kokou

L’arrêté de l’ancien ministre Lucien Kokou qui subordonne l’admission en classe de 2nde à l’obtention de la moyenne annuelle de classe, et du Brevet d’Etudes de Premier Cycle (BEPC) reste une problématique à résoudre dans les Collèges d’Enseignement Général (CEG) publics.

Non évaluée à nos jours et parfois mal comprise par la communauté scolaire, cette décision ministérielle, Educ’Action s’est proposé de faire la lumière sur l’état des lieux de la mise en œuvre de cette décision ministérielle à travers cette descende dans l’arène éducative du pays.

Bryan A. est un catéchumène de l’une des paroisses catholiques de l’Archidiocèse de Cotonou. Lors d’un contrôle de routine de son maître catéchiste pour connaître le niveau d’étude scolaire de ses catéchumènes, Bryan se lance en ces termes : « Je suis breveté mais je reprends la classe de 3ème pour faute de moyenne de classe ». Etonné de cette réponse, le maître reprit : « Es-tu sûr de ce que tu dis ? Je suis passé par là aussi et je n’avais que 9 de moyenne, mais je suis allé en seconde. D’autres avaient 14 comme moyenne de classe sans le BEPC et sont allés en seconde en attendant d’avoir le BEPC ». Mais le jeune Bryan rétorque à son maître que la donne a changé dans les écoles publiques. Cette réponse semble étrange et insensée aux yeux de ce maître catéchiste qui a fait cette expérience éducative par le passé et qui, sans doute, ignore tout des nouvelles dispositions en vigueur dans les établissements publics. Elles imposent aux apprenants qui n’ont pas obtenu 10 de moyenne à la fin de l’année, la reprise de la classe de 3ème malgré leur diplôme de BEPC en poche. Pour s’assurer de la véracité des propos de son catéchumène, le maître catéchiste décide de s’en remettre à l’équipe du journal Educ’Action pour être mieux renseigné.

Etat des lieux de la décision …

Du CEG Le Nokoué en passant par le CEG Zogbo pour enfin atterrir au CEG Dantokpa, le constat est le même. Ils sont nombreux, ces élèves ayant le Brevet d’Etudes de Premier Cycle (BEPC) mais qui sont en train de reprendre la classe de la troisième dans les établissements publics faute de moyenne de classe. D’autres encore se retrouvent en classe de 3ème sans le BEPC, mais ayant la moyenne de classe qui pouvait leur permettre de continuer en seconde en attendant d’avoir le BEPC. « Cette mesure est suivie à 100% dans mon établissement. On est bien stricte sur cela et les élèves en sont bien informés. C’est pareille dans tous les établissements publics », a attesté Zacharie Hounza, censeur du CEG Le Nokoué. A en croire ses propos, 34 élèves ayant obtenu le BEPC sans la moyenne de classe, reprennent rigoureusement la classe de troisième et 174 élèves ayant la moyenne de passage en seconde reprennent la troisième pour défaut du BEPC au collège Le Nokoué. Même si les autorités des autres établissements sillonnés ont préféré garder le silence. Cette décision semble bien en vigueur dans leurs entités éducatives et les élèves victimes en ont fait le témoignage. « J’ai repris la classe de troisième cette année pour défaut du BEPC malgré les 12 de moyenne que j’ai obtenue », a confessé Rafiatou, élève en classe de troisième dans l’un des collèges publics parcourus. Il faut rappeler que cette décision a été le fait de l’ancien ministre de l’Enseignement secondaire, Lucien Kokou. Cette mesure, a-t-il spécifié en son temps, visait, entre autres, à promouvoir l’excellence en milieu scolaire au Bénin. Selon cette autorité, il ne suffit plus d’avoir 10 de moyenne pour passer en seconde. « Il faut à la fois la moyenne de classe et le BEPC » pour espérer franchir le seuil du cycle II de l’Enseignement secondaire.

Avis des autorités de Collèges publics…

Des déclarations d’un censeur de collège public qui a requis l’anonymat, cette mesure n’est pas totalement appréciée. « Cette décision n’arrange pas vraiment les établissements à cause de l’effectif que nous perdons. Cette année dans mon établissement, 72 élèves ont eu le BEPC sans avoir la moyenne de classe. Mais à la reprise, ils ne sont plus que 12 à accepter reprendre la 3ème dans l’établissement », a signalé le censeur. Cette remarque a été également faite par Zacharie Hounza, censeur du CEG Le Nokoué qui explique qu’ « il y a eu beaucoup de départ de l’école. Certes, d’autres élèves sont venus, mais le nombre d’arrivée ne compense jamais le nombre de départ ». Pour ce dernier, en interprétant la mesure, aucun élève n’a le droit d’aller en seconde sans le BEPC. Par contre, nuance-t-il, il serait préférable de revoir le cas de ceux qui ont eu le BEPC sans la moyenne de classe. « Je pense qu’il faudra leur faire un texte supplémentaire pour leur permettre de tirer définitivement leur épingle du jeu et leur éviter de devoir repasser la même classe pour chercher la moyenne », a-t-il suggéré. Selon ces censeurs d’établissements publics rencontrés, les élèves qui se retrouvent dans ces conditions, apprécient la chose de diverses manières. « Pour certains élèves, obtenir la moyenne de classe est un défi à relever. Mais hélas, d’autres se laissent rapidement gagner par le découragement ; ce qui entraîne à leur niveau la paresse et ils reprennent la classe plusieurs fois malgré qu’ils aient déjà le BEPC », ont-ils renseigné.

Estelle DJIGRI

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