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Performance des Etablissements publics au BAC 2018 : Le CEG Houéyiho prend le lead dans le Littoral

Les résultats du Baccalauréat 2018 ont fait couler de l’encre et de la salive à cause du faible taux de réussite.

Si pour une grande part, les établissements d’enseignement privés ont produit de bons résultats, ceux du public à l’image du CEG Houéyiho n’ont pas démérité. Situé dans le Littoral, cet établissement est sorti premier du département avec 51.23% de taux de réussite. Découverte.

Un beau jardin en plein milieu de la voie, des rails, des voitures et des motos qui roulent dans les deux sens. La devanture du CEG Houéyiho est assez animée. Cependant, cela n’a pas empêché la troupe de Thomas Sonou, directeur du CEG houéyiho à faire réussir 51,23% des élèves des classes de terminales qui y ont séjourné durant 10 mois sur 12 au cours de l’année scolaire 2017-2018. Une fois le portail de l’établissement franchi, c’est une vue un peu décapante qui frappe l’attention. Certes les vacances et le CEG Houéyiho ne déroge pas à la règle, mais, comme la plupart des établissements publics, l’école présente un visage de délabrement avec des bâtiments aux peintures ternes et une cours sablonneuse. Un mélange de bâtiments tantôt crépis, non crépis, peints et non-peints. Une chose est sûre, le CEG Houéyiho ne peut pas postuler à un concours des établissements les plus beaux. Selon Thomas Sonou, son actuel directeur, le CEG Houéyiho a été créé en 1979. Après 39 ans d’existence, « nous avons une cinquantaine de salles dont une trentaine en matériaux définitifs. Nous avons près de 300 enseignants dont 235 vacataires avec 3800 apprenants. Nous avons une administration qui tourne autour d’une trentaine de personnes avec le personnel de soutien », affirme le directeur pour donner les statistiques de l’école. Malgré cet effectif, les graines de la réussite ont poussé pour le bonheur de l’équipe de direction.

Première graine de la réussite, le travail bien fait

« Pour avoir un bon résultat en toute chose, il faut bien travailler. Pas seulement travailler mais le travail bien fait » soutient Emilienne Koukponou, l’une des secrétaires de direction du CEG. Son calme apparent n’enlève rien à sa rigueur d’éducatrice : « les élèves sont nos enfants. Nous sommes amis avec eux. Lorsqu’ils se comportent mal, je ne tarde pas à les recadrer », a-t-elle laissé entendre. Tenant le secrétariat avec sa collègue occupée à faire un traitement de texte, elle ajoute qu’il faut : « de la rigueur et de la ponctualité. C’est cela qui donne de bons résultats ». Une rigueur qui ne se fait aucunement prier chez le directeur du Ceg Houeyiho.

Deuxième graine de succès, l’humilité …

Avant d’être à ce poste, Thomas Sonou est passé par beaucoup d’établissements secondaires. Le Collège Catholique Notre Dame des Apôtres de Cotonou, les CEGs de Comè, de Grand-Popo, de Godomey ont été des lieux où il a transmis le savoir philosophique. Dans cette deuxième année d’expérience en tant que directeur, il reconnaît que « c’est grâce à l’humilité » qu’il a eu un pareil résultat. Dans son bureau sobrement décoré, il reçoit les parents d’élèves qui ont déjà commencé à faire la queue. Et pour cause, il explique humblement que les résultats de cette année attirent déjà l’attention. Ainsi, cela va engendrer de nouveaux défis infrastructurels auxquels il va falloir faire face dans la collégialité, une autre graine.

Collégialité et compétence, troisième graine du succès…

« Il y a une collégialité et l’administration est soudée. La complicité existe aussi avec les enseignants qui ont compris la vision de l’établissement ». C’est avec sourire que le directeur fait cette affirmation, car la collégialité est un bébé précieux pour lui. Comme il l’a signalé, ces premiers jours au CEG n’ont pas été de tout repos, car il a fallu faire des travaux de réhabilitation : « à notre arrivée, nous avons tenté de donner de la visibilité à ce CEG par la propreté et par la sécurisation en construisant la clôture. Nous avons réfectionné certaines classes puis discipliné l’administration qui a compris l’enjeu et qui a suivi ». En plus de ces connaissances d’enseignant de philosophie, Thomas Sonou est aussi juriste de formation. Dans le cadre de ses fonctions de directeur, il a aussi développé des compétences en gestion administrative et financière sans oublier « subsidiairement » des talents de politique comme il le dit si bien, avec des pincettes. Selon lui, qu’on le veuille ou pas « je représente l’Etat ici. C’est pour cela que je n’ai pas permis que l’on sacrifie ce que l’Etat préserve ici : l’éducation des enfants ». La détermination avec laquelle l’homme, qui dégage une sérénité, le dit laisse soupçonner un épisode difficile voire douloureux. Du côté de ses collaborateurs, le directeur fait aussi la pêche aux talents nécessaires pour que tout se passe bien. Il ajoute: « il faut avoir un très bon secrétariat qui sait tenir les archives. Ensuite, il faut un très bon censeur et un très bon surveillant général. Maintenant il faut avoir de très bons professeurs ». Créer une symphonie à partir des actions de chacun de ces acteurs afin de faire émerger une équipe unie et forte n’est pas une chose aisée, pis encore en situation de crise.

Gérer des crises dans le silence, la quatrième clé…

« Il y a toujours des problèmes, mais nous arrivons toujours à nous entendre », fait savoir Emilienne Koukponou, avec un léger sourire. Effectivement, entre les murs des sept bâtiments de Houéyiho, la vie n’a pas toujours été rose cette année. Des crises, l’école en a connu avec la grève nationale des enseignants et avec d’autres évènements qui ont justifié la présence d’une figure bien connue de la lutte syndicale au Bénin depuis la période révolutionnaire : Thérèse Waounwa. C’est avec calme et sérénité que le directeur affirme avoir géré ces crises au point de recevoir quotidiennement les félicitations des parents d’élèves. « Il doit y avoir des crocs en jambe, des coups bas et autres coups, mais je ne les vis pas directement car cela ne se manifeste pas de façon flagrante pour que je puisse agir. L’autre secret, c’est le silence face aux commérages des uns et des autres. C’est quand l’intéressé se prononce en votre présence que vous devez taper dessus », martèle l’homme.

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Des conseils aux contrôles réguliers des activités pédagogiques : leurs autres méthodes de succès…

Pour avoir ce score et se hisser au rang du premier collège d’enseignement public dans le Littoral au titre de l’année scolaire 2017-2018, et le directeur et ses collaborateurs directs n’ont pas baissé les bras en termes de conseils et de contrôles. Chacun, dans son domaine, a mis la main à la pâte pour ajouter sa graine à la réussite. « Les enseignants, nous on les mettons en confiance. Il y a l’inspection départementale qui nous appuie, les CP et les AE qui sont mis à contribution. Moi-même, je suis comme le premier CP, je fais les visites de classe de temps en temps pour voir comment les enseignants déroulent les cours. Je vérifie le cahier de notes. Je vérifie également les cahiers de classes pour voir ce qu’ils font et quand ce n’est pas bien, je réagis. Ces résultats sont dus à notre promptitude à suivre les enseignants », souligne le numéro 1 du CEG Houéyiho pour dévoiler l’une de ces méthodes de réussite. Les apprenants aussi ont été mis en confiance. « Nous avons mis les apprenants en confiance pour leur dire que rien n’est perdu et qu’il peuvent réussir », dira Ludovic Yoro, censeur du collège. Il poursuit qu’il va dans les classes faire les cours des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et faire même des travaux dirigés avec les candidats Terminal série D et ceux de la Troisième quand il constate que les professeurs qui doivent dispenser normalement les cours ont brillé par leur absence. Au nombre de tous ses secrets sus cités s’ajoute le bon rapport de travail entre le directeur et son entourage.

Le bon rapport de travail entre les acteurs de l’école, le dernier virage de réussite…

Des sources bien introduites, et le personnel du CEG et l’Association des Parents d’Elèves (APE) entretiennent de très bonnes relations. « Les rapports de collaboration sont très bons entre le directeur, l’administration et tout le bureau APE. Nous accompagnons les professeurs, les directeurs pour toutes les initiatives prises dans le cadre de développement du collège », a fait savoir Michel Lavagbe, président de l’APE. Même son de cloche chez Ludovic Yoro qui affirme : « La relation que j’entretiens avec mes collaborateurs sont des relations purement saines ». Il faut noter selon les dires du directeur que le CEG manque d’infrastructures éducatives et sportives.

Esther KOUDJENOUME (Stg) & Enock GUIDJIME

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