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Parrainage d’enfants à SOS Village d’enfants Abomey-Calavi : A partir de 5.000 FCFA, vous êtes parrain ou marraine, déclare Laurent Adjobo

De nombreuses organisations œuvrent pour le bien-être des enfants en situation difficile. Parmi celles-ci, SOS Village d’enfants qui met en œuvre divers programmes pour assurer aux enfants un soutien matériel, psychologique et affectif.

Le programme de parrainage offre ainsi l’occasion de soutenir l’éducation des enfants en leur accordant de l’attention et des ressources. Chargé de parrainage et de collecte de fonds à SOS Village d’enfants Abomey-Calavi, Laurent Adjobo nous fait découvrir cette composante importante des activités de cette organisation qui se bat pour éduquer les hommes et femmes de demain malgré les défis qui restent à relever. Votre journal Educ’Action est allé à sa rencontre pour vous donner l’opportunité de devenir parrain ou marraine d’un enfant en situation difficile !

Educ’Action : Comment fonctionne le parrainage à SOS Village d’enfants ?

Laurent Adjobo : Le système de parrainage consiste à chercher des parrains et des marraines pour les enfants et pour le village. Le parrainage est quelque chose de très important pour nous parce que nous avons besoin qu’il y ait des gens que les enfants puissent considérer comme des grands frères, des grandes sœurs, des oncles et tantes, pour participer à l’équilibre psychologique et affectif des enfants. Etre parrain, c’est non seulement apporter de l’affection à l’enfant, mais il faut aussi le soutenir matériellement avec une aide de 5.000 francs CFA par mois. Nous ne forçons personne à le faire. Vous commencez quand vous voulez et vous arrêtez quand vous le souhaitez. Si c’est le village que vous voulez parrainer, alors vous parrainez toutes les activités organisées par le village. A ce niveau, vous donnez 8.000 f par mois. Pour montrer nos sincères gratitudes, nous envoyons une lettre de remerciement aux parrains pour leur soutien et nous produisons des rapports périodiques. A travers ces rapports, nous présentons aussi les différentes facettes (scolaires, affectives, sociales,…) de l’enfant qui est parrainé et son évolution.

Comment devient-on parrain ou marraine à SOS Village d’enfants ?

Pour devenir parrain ou marraine, il suffit juste de vous rendre dans un Village d’enfants SOS à Abomey-Calavi, à Dassa-Zoumè ou à Natitingou. Arriver au secrétariat, vous retirez une fiche que vous remplissez. La secrétaire qui vous accueille peut déjà vous donner les notions basiques par rapport au parrainage. Après cette étape, vous pouvez payer les frais de parrainage qui s’élèvent à 5.000 francs pour les enfants ou à 8.000 francs pour le village, chaque mois. Par ailleurs, le parrain ou la marraine peut aussi faire un versement sur le compte bancaire de SOS Village d’enfants Abomey-Calavi. Il y a aussi des possibilités de payer chaque trimestre ou chaque semestre. Les entreprises peuvent aussi parrainer le village ou les enfants. A ce niveau-là, nous leur accordons de la visibilité sur nos activités.

En dehors de l’aspect financier, qu’est-ce qui est attendu du parrain ou de la marraine ?

Nous accueillons ici des enfants abandonnés, des orphelins. Ce genre d’enfants a besoin d’être entouré de beaucoup d’affection. Quand, par exemple, le parrain décide de rendre visite à son filleul, ce jour-là, c’est une grande joie pour l’enfant. Même le simple fait d’écrire à l’enfant est une grande source de bonheur pour lui. Il va montrer cette lettre de son parrain à tous ceux qui l’abordent ce jour-là. C’est vrai que nous leur donnons de l’affection au niveau de la maison, mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin que d’autres personnes les aiment.

Qui peut être parrain ou marraine ?

C’est tout le monde. Majoritairement, nous avons aujourd’hui des salariés. Il y a parmi eux des responsables d’entreprises, des commerçants de toutes les catégories. Mais, il faut dire que la culture du don n’est pas très ancrée dans la mentalité des Béninois. Nous nous battons pour que cela change.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés dans ce programme ?

Elles sont énormes et multiformes. Beaucoup se disent que c’est ce qu’ils ont en surplus qu’ils vont donner. On peut qualifier cela d’élan de générosité, mais cela ne devrait pas en être ainsi. C’est dans ses dépenses incompressibles que le parrain ou la marraine doit prévoir quelque chose pour l’enfant qu’il ou qu’elle parraine. Parfois, ils disent que le temps est dur, quand cela va s’améliorer, je vais reprendre. Une autre difficulté, c’est le regard que le Béninois lambda porte sur les villages d’enfants SOS du Bénin. Beaucoup voient le village d’enfants SOS à travers les bâtiments, ils se disent qu’il y a assez d’argent ici et se demandent pourquoi nous venons encore solliciter leur aide. Ils se disent aussi que les « blancs » financent abondamment nos activités et cela favorise une réticence de leur part. L’autre chose qui conditionne leur image de SOS, c’est l’école primaire que nous avons. Les matins et l’après-midi, la devanture est bondée de véhicules, car les parents viennent déposer leurs enfants et viennent les chercher après les cours. Quand les gens voient cela, ils se disent que nous traitons avec les gens fortunés, donc ils n’ont pas besoin de nous donner un peu de leurs maigres ressources.

Comment corriger ces clichés ?

Nous avons conclu que ce sont des gens qui ne nous connaissent pas. Il faut que ceux qui connaissent le village nous donnent un coup de pouce avec une bonne communication. Beaucoup ne savent pas aussi que nous prenons en charge des enfants qui courent le risque de perdre la prise en charge parentale et ceux qui vivent avec des parents totalement démunis. Dans ces cadres-là, nous essayons de prévenir en aidant l’un des parents qui est à même de mener des activités génératrices de revenus. SOS se porte garant auprès d’une institution de microfinance pour qu’on puisse prêter de l’argent au parent afin qu’il fasse une activité génératrice de revenus. Cette personne reçoit des formations sur la gestion des ressources qu’on lui donne et est suivie par des personnes compétentes dans ses activités sur trois, quatre ou cinq ans selon, les cas. En procédant ainsi, beaucoup s’en sortent au point où d’autres parviennent à faire des réalisations.

Avez-vous un message à l’endroit de potentiels donateurs ?

A partir de 5000 FCFA, vous pouvez devenir parrain ou marraine à SOS Village d’enfants. N’hésitez plus. Faites le pas utile. Notre défi, c’est comment faire pour que les Béninois d’ici et d’ailleurs puissent connaître ce que SOS fait. Ainsi, ils pourront mieux nous aider et nous accompagner dans nos actions, car ce sont les enfants que nous accueillons ici. Il est donc important qu’on ne se dise pas que ce sont les étrangers qui doivent nous aider à prendre en charge les enfants des Béninois.

Propos recueillis par Adjéi KPONON

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