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Réévaluation des enseignants de la maternelle et du primaire : Les instituteurs du privé favorables, ceux du public majoritairement absents

''Sur 1.288 enseignants inscrits dans le Littoral, seulement 321 ont composé''

La réévaluation tant annoncée par les canaux officiels des enseignants de la maternelle et du primaire des établissements d’enseignement publics et privés, n’a hélas pas reçu, samedi dernier, un écho totalement favorable dans le rang de ces principaux acteurs de l’école, en l’occurrence ceux des établissements d’enseignement publics. Le constat sur le terrain était effarent. Educ’Action revient ici dans ce reportage sur la situation qui avait prévalu dans les centres des CEGs Gbégamey et Ste Rita.

 

Les enseignants de la maternelle et du primaire du secteur public, dans leur majorité, ont effectivement traduit en acte leurs menaces de boycott. C’est ce qui se dégage du tour des centres de composition effectué, ce samedi 28 juillet, par les équipes de reportage de Educ’Action. En effet, après avoir distillé via plusieurs canaux leurs intentions de boycott du processus de la réévaluation agité par les instances et autorités publiques du sous secteur de la maternelle et du primaire, les enseignants sont passés à l’acte, brillant par leur absence dans les salles de composition. Il sonnait 8 heures. Alors qu’on s’attendait à retrouver en situation de composition et en grand nombre ces principaux acteurs de l’école, en l’occurrence ceux des établissements d’enseignement publics, ils ont tout simplement déserté le centre du CEG Gbégamey à Cotonou. D’autres, en de petits groupes, rallient le Complexe scolaire Gbégamey pour opiner sur le sujet et apprécier le comportement des manifestants du public. « Le mouvement est suivi partout sur toute l’étendue du territoire ; c’est la preuve que les collègues ont suivi le mot d’ordre... », a confié satisfait à Educ’Action, l’un des enseignants grévistes rencontré au Cs Gbégamey qui a requis l’anonymat. Dans la cour du centre de composition du CEG Gbégamey, une bonne frange des manifestants s’y sont mis, échangeant certainement sur la conduite à tenir. Mais rapidement et d’un ton ferme, ils ont été rappelés par les forces de l’ordre à vider les lieux aux fins d’offrir le cadre et le silence nécessaires à ceux d’entre eux qui désirent composer. Passée cette scène qui n’a duré que quelques minutes, tout est revenu dans l’ordre. A 8 heures 45 minutes, l’heure à laquelle la première épreuve a été lancée, 110 enseignants provenant majoritairement des établissements d’enseignement privés étaient en salle et favorables à l’évaluation. Dans ce centre de composition, sur un total de 400 enseignants inscrits, 290 ont brillé par leur absence. Selon les indiscrétions recueillies sur place, ces absentéistes viennent en grand nombre du public. Puis, cap a été mis sur le centre du CEG Ste Rita. Ici, pas la moindre affluence à l’arrivée des reporters de Educ’Action. Les personnes commises pour la surveillance, oisives, s’adonnent à de longs échanges. Motif avancé, seulement un enseignant sur le lot a accepté d’être évalué en dépit des conseils et invites de Bernardin Tavi, directeur et chef centre du CEG Ste Rita, en direction des enseignants censés composer. « Je ne suis pas content de composer seul parce que normalement, il doit y avoir beaucoup de candidats et c’est ensemble que la compétition est bonne... », a fait savoir à Educ’Action l’unique enseignant ayant composé au CEG Ste Rita et provenant du Complexe scolaire ‘‘Les bougillons’’. A en croire ce candidat solitaire interrogé, après l’étape de l’évaluation, il s’en suivra la phase de la remise à niveau et pour cela, les enseignants manifestants ne devraient pas s’y opposer, ni avoir peur. Au total, sur les 1.288 enseignants inscrits pour le département du Littoral, seulement 321 ont pu composer, portant le ratio à 24,92 %. Il faut déjà rappeler que le samedi 16 juin 2018, le gouvernement avait, pour la première fois, évalué les enseignants et à cette phase, des irrégularités ont été relevées. Ce qui motive donc la réévaluation des enseignants de la maternelle et du primaire, une initiative qui, in fine, a-t-on appris, permettra de renforcer les capacités intellectuelles de ces enseignants dans les domaines précis pour améliorer la qualité de l’offre éducative.

Enock GUIDJIME

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