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Environ un mois après la rentrée scolaire 2018-2019 : Toujours pas de subventions dans les écoles publiques

Les Directeurs, en attendant les formalités, fonctionnent sur des prêts"

Annoncées à grand renfort médiatique pour être disponibles dans un bref délai après le démarrage de la rentrée scolaire, les subventions de l’Etat se font toujours désirer dans les écoles publiques d’enseignement. Après son long périple d’enquête, Educ’Action a rencontré différents acteurs de l’école pour comprendre les raisons de ce retard desdites subventions. Reportage !

«Nous n’avons encore eu vent d’aucune subvention, rapprochez-vous du comptable de notre Circonscription Scolaire pour avoir de plus amples informations » ont déclaré les directeurs du Complexe Scolaire Jéricho à l’équipe du journal Educ’Action qui est venue s’enquérir de la disponibilité ou non des subventions dans les établissements d’enseignement publics, un mois environ après le démarrage de la rentrée scolaire. Pour le rappel, ces subventions scolaires allouées annuellement aux établissements publics permettent de faire face aux diverses entités scolaires et contribuent à leur fonctionnement. On s’attend alors que dès que les premiers jours de la rentrée des classes, lesdites subventions de l’Etat soient déjà disponibilités au niveau des écoles pour éviter tout piétinement. Mais hélas ! Du Complexe Scolaire de Gbégamey à celui de Vodjè, les subventions tardent à venir dans les écoles pour permettre aux chefs d’établissement de faire face efficacement fonctionner leurs écoles. « Nous n’avons rien reçu jusqu’à présent. Nous travaillons sur des prêts comme d’habitude. Les fonds ne sont pas encore à notre niveau. Le comptable nous a simplement rassurés que les sous sont déjà disponibles et qu’il fallait juste remplir des formalités. Il y a un vote que nous devons faire en présence d’un représentant des maîtres, du président de l’APE et de moi-même. C’est juste après ce vote que nous serons en possession des subventions qui doivent tourner autour de 220.000 francs CFA », a fait savoir un directeur du Complexe Scolaire Gbégamey qui n’a pas voulu décliner son identité. A la descente de l’équipe de reportage de Educ’Action au Complexe Scolaire de Vodjè, le constat demeure le même. Selon les informations recueillies sur place, les subventions tant attendues ne sont pas encore parvenues aux directeurs qui se rabattent pour le moment sur leurs habituels fournisseurs. Dans son périple, l’équipe de Educ’Action s’est rendue cette fois-ci au Complexe Scolaire Sikè-Nord. « Va demander à mon collègue de l’autre groupe, car moi, je n’ai rien appris », oriente le directeur sexagénaire. « Non, nous n’avons rien eu », a confié, à son tour, la directrice d’un autre groupe pédagogique pour corroborer les propos de son prédécesseur. Mais qu’est-ce qui a alors pu bien se passer pour que les subventions ne parviennent pas à temps aux Chefs d’établissement ? C’est bien là, la question qui se lit sur le visage des directeurs d’école rencontrés tant l’annonce gouvernementale fortement médiatisée.

Des raisons du retard dans l’octroi des subventions…

Au Complexe Scolaire de Ménontin Sud, Roch Agnan informe avoir communiqué avec le comptable de sa Circonscription Scolaire au téléphone. De la substance de leur discussion, il résulte que les subventions sont arrivées dans les comptes et que des formalités sont en train d’être remplies pour délivrer un chèque aux prestataires de services des écoles pour la première tranche des subventions. Théodore Kakèssou, comptable de la Circonscription Scolaire Cotonou Lagune, souligne que c’est seulement 25% des subventions qui seront disponibles. Au Complexe Scolaire de Cocotomey, deux directeurs confirment avoir été informés par leur comptable de la disponibilité des subventions dans les comptes, mais il reste les formalités à remplir pour prévenir le prestataire.Joint au téléphone pour comprendre les raisons du retard dans l’octroi de ces subventions aux chefs d’établissements, le comptable de la Région Pédagogique N° 28, s’explique en ces termes : « Nous avons émis déjà des chèques sur des comptes et cela se fait par groupe. Ce n’est pas que l’argent est bloqué. On a émis déjà les chèques et ils font déjà les virements sur les comptes. Ils ont reçu les sous mais, il faut faire le vote du budget d’abord. Ils n’ont pas encore fait le vote du budget. Ce qui est disponible, c’est pour les prestataires. Ce qu’on envoie, c’est pour le fonctionnement de l’école d’abord, puisque l’Etat a envoyé 220.000 francs CFA sur les 900.000 francs CFA. C’est ce que nous sommes en train de virer sur les comptes. Mais, il faut qu’on fasse forcément le vote du budget avant qu’on ne commence le décaissement. Chez moi à Gbégamey, j’ai programmé toutes mes trois zones pour le mercredi 17 octobre prochain à 9 heures ».

De la procédure de mise à disposition des subventions …

Pour entrer en possession des fonds, il faut tout un long processus. C’est-à-dire que le Ministère de l’Economie et des Finances envoie les subventions au trésor public. Ce dernier traite les données et les renvoie aux Recettes perceptions départementales. Celles-ci traitent quelques données supplémentaires et les affectent aux Recettes perceptions communales. Lorsque les subventions viennent dans les communes, cela veut dire que les comptables des Circonscriptions Scolaires peuvent commencer à remplir les formalités. Ces formalités conditionnent le positionnement des subventions sur les comptes des Circonscriptions Scolaires. Sans ces formalités, point de subventions, ni sur les comptes des Circonscriptions Scolaires, ni sur les comptes des écoles. Dès que le comptable a fini de remplir ces formalités, quatre signataires doivent décharger un autre document avant qu’un chèque ne soit délivré à l’ordre du prestataire. Ce dernier va au trésor public pour entrer en possession de ses fonds.

Les cantines scolaires approvisionnées …

L’une des annonces faites par le gouvernement reste également le fonctionnement des cantines scolaires au démarrage des activités académiques dans les écoles bénéficiaires. L’équipe du journal Educ’Action s’est donc rendue dans quelques écoles bénéficiaires de cantines scolaires pour vérifier la mise à disposition effective des denrées alimentaires pour la préparation des repas aux apprenants. A l’Ecole Maternelle de Towéta située dans le quartier Sainte-Cécile de Cotonou, Jeanne Akouvi Amou, Chargée de la cuisine, témoigne que les vivres sont effectivement parvenus dans l’école quelques jours avant le démarrage de la rentrée scolaire. « Nous avons reçu les denrées comme le riz, le maïs, du haricot, de l’huile. Mais là où le bât blesse, c’est que le riz que nous avons reçu cette année est d’une très mauvaise qualité », confie-t-elle peinée, invitant les autorités du PAM à revoir la copie à ce niveau.

La Rédaction

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