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Mobilisation de 28 milliards au profit des cantines scolaires : Enfin le poisson et la viande dans les plats des apprenants ?

Elle peut paraître bien anodine, notre préoccupation. Seulement, elle n’est nullement dénuée de sens. Déjà, réjouissons-nous des efforts consentis par l’Etat pour réformer la politique, l’organisation et le fonctionnement des cantines scolaires.

Mieux, il est parvenu à porter à 31% le nombre des apprenants bénéficiaires des prestations des cantines scolaires implantées dans les écoles difficiles d’accès ou logées dans des localités enclavées. La sollicitation du Programme Alimentaire Mondial (PAM) sur ce vaste chantier national à caractère social constitue l’autre innovation qui mérite d’être saluée. Cette nouvelle approche laisse entrevoir, les prochains mois ou années, une gestion plus rationnelle des vivres mis à la disposition des cantines scolaires. La lutte contre les prévaricateurs des nourritures des écoliers semble aussi effective, augurant du désir des gouvernements et décideurs de l’école de bien faire. L’expression de cette volonté, c’est aussi la mobilisation de 28 milliards francs Cfa avec l’appui des partenaires, pour porter le pourcentage des apprenants bénéficiaires de 31% à 51% dès la rentrée prochaine de septembre 2018. Ceci à la faveur d’une table ronde conduite, la semaine dernière, par le Ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané, assisté d’autres autorités au nombre desquels le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire, Salimane Karimou, et celui de la santé, Benjamin Hounkpatin. A côté de ces efforts louables, il faut aussi reconnaître que tout n’est pas encore rose dans la mise en œuvre de ce programme. Il est un secret de polichinelle que l’équilibre alimentaire est un réel stimulateur de croissance et du développement de l’enfant. Mais quel est aujourd’hui l’état des lieux ? Plusieurs travaux et reportages réalisés dans des écoles à cantine scolaire avec l’expertise de bien de nutritionnistes et publiés dans nos plateformes d’informations, démontrent à suffisance que les repas servis ne sont pas, pour la plupart du temps, équilibrés. De l’avis des bonnes dames recrutées pour la cuisson des repas, il est souvent servi aux écoliers du riz, le mélange du riz et de l’haricot appelé en langue locale fon ‘’atassi’’, etc. Mais rarement du poisson et de la viande dans les plats des écoliers comme accompagnement. Et pour cause, ont confessé des directeurs et responsables des cantines scolaires, les parents sont sollicités à hauteur de 50 francs Cfa à 100 francs Cfa, par parent, pour couvrir les dépenses liées à l’achat du poisson et de la viande de son enfant. « Mais les parents peinent à donner les 50 francs voire 100 francs Cfa. D’autres refusent catégoriquement de contribuer parce que selon eux, l’Etat prend déjà tout en charge et point n’est besoin de recourir encore à eux », a témoigné à un de nos reporters dans le cadre de son reportage sur le sujet, un directeur d’école à cantine scolaire. Le lourd tribut, à la fin, est que les enfants reçoivent un repas non équilibré. Si on est en devoir de critiquer et de dénoncer l’attitude des parents, faut-il continuer à servir de tel repas aux apprenants qui ont encore besoin d’un repas équilibré pour réussir leur croissance et cursus scolaire ? Et c’est là tout l’intérêt du questionnement de cette analyse. Le gouvernement, dans un sursaut d’orgueil, fera-t-il intégrer les charges liées aux poissons et viandes dans la vaste ressource des 28 milliards fraîchement mobilisés au profit des cantines scolaires ? Toujours est-il qu’il faut réparer cette distorsion alimentaire.

Serge David ZOUEME

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