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Fonctionnement des cantines scolaires dans les écoles : Roch Ahokpossi dénonce l’immixtion des directeurs dans les comités de gestion

C’est pour mieux faire comprendre à l’opinion la décision gouvernementale, l’esprit et la démarche de déchargement des 17 directeurs reconnus coupables de détournement de vivres dans les écoles à cantines que le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire a dépêché sur le plateau de la télévision Canal3 Bénin, dimanche dernier, Roch Ahokpossi, son Conseiller technique pour la décentralisation, la déconcentration et la coopération.

 

D’entrée, l’homme a campé le décor en rappelant l’objectif poursuivi par le gouvernement en relançant les cantines scolaires. Pour le collaborateur du ministre Salimane Karimou, « la cantine scolaire vise à améliorer l’accès, la rétention à l’école. Par le passé, la cantine ne permet pas de nourrir tous les enfants durant tous les jours ouvrables de l’école. Et le gouvernement du Président Patrice Talon a choisi de faire manger au moins un repas chaud tous les jours que les enfants vont à l’école ». Au lendemain de la relance des cantines scolaires, les acteurs ont été formés et sensibilisés sur leur mode de gestion, une gestion axée sur la transparence et la rigueur. C’est alors que l’on se demande bien ce qui n’a pas pu marcher pour que l’on en soit à nouveau à déplorer des cas de vols de vivres. A cette question, l’invité de l’émission ‘‘Le grand format’’ se veut accusateur : « Au niveau de chaque école, il existe un comité de gestion de la cantine. Ce Comité n’a pas en son sein le directeur, qui, de sa position, devrait être le superviseur de toutes les activités qui se mènent dans l’école. Mais il y a un enseignant qui devrait répondre de toute cette gestion-là en même temps que le représentant des élèves, le représentant des parents d’élèves et autres. Mais il se fait que les directeurs (pour la plupart) s’immiscent dans la gestion des cantines en ce sens qu’ils donnent des instructions à leurs collaborateurs (membres des Comités de gestion) pour gonfler les effectifs des classes (déjà un délit parce que faussent les statistiques sur la base desquelles les prévisions sont faites depuis le niveau central) ». Pour soutenir ses accusations, Roch Ahokpossi affirme qu’au-delà du gonflement des effectifs, s’observe une autre pratique d’inscription frauduleuse des enfants supposés nourris par la cantine. « Au moment du contrôle, à l’appel des noms, certains ne sont pas connus de leurs camarades écoliers de la même classe », explique le conseiller du MEMP pour justifier son affirmation. Pour ce qui est des sanctions prises à l’endroit des indélicats, elles sont liées aux mesures conservatoires conformément aux textes en vigueur, argumente Roch Ahokpossi. « La fonction de directeur d’école est régie par l’arrêté 104. Cet arrêté renseigne sur tout ce que le directeur doit faire dans son école. Ce même arrêté prévoit les circonstances de déchargement de ce dernier dont le cas en débat », renseigne Roch Ahokpossi parlant des mesures conservatoires. A la question de savoir si la situation qui prévaut dans les écoles depuis trois mois n’en a pas pour quelque chose dans cette décision de déchargement des 17 directeurs d’écoles, la réponse de Roch Ahokpossi est sans équivoque : « le rapport ne couvre que le premier trimestre de l’année scolaire. Comme le Conseil des ministres l’a dit, ce sont des contrôles du mois d’octobre et de novembre qui ont donné ces résultats. Depuis janvier, les écoles ne fonctionnant plus normalement, nous n’avons pas encore le point des différentes situations de janvier à nos jours ». Selon l’invité de ‘’Le grand format’’ « en matière de fautes administratives, des étapes sont à suivre. Lorsque le Comité de gestion est allé faire le constat et que compte rendu en a été fait à l’autorité ministérielle, celui-ci a instruit différents responsables hiérarchiques immédiats de ces directeurs d’écoles aux fins de leur donner des demandes d’explication. Ces derniers se sont expliqués sur les faits qui leur sont reprochés. Mais je tiens à vous dire qu’aucun n’a ni nié les faits ni contesté le rapport du Comité de gestion. Il y en a même qui ont commencé par présenté des excuses et ont promis ne plus le répéter à l’avenir », informe Roch Ahokpossi qui annonce l’audition des mis en cause par un Conseil de discipline dans les jours à venir.

Romuald D. LOGBO

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