banner ong educaction

Grève récurrente dans le système éducatif au Bénin : L’Ecole, otage des pouvoirs publics ou des syndicalistes ?

La renaissance éducative n’est pas au rendez-vous. Le pouvoir public (Gouvernement) et les syndicalistes, après des heures d’échanges infructueux au palais, se ressoudent, hélas, à laisser patauger l’école indirectement pris en otage à la lumière de l’aphasie des protagonistes.

 

Un peu comme un gros bébé, l’école béninoise dort, ronfle en dépit des gifles sonores à lui administrées. Il ne peut en être autrement ; si forte et importante était la dose du somnifère ingurgitée. Elle se débat en vain sous l’effet du dopant. En réalité, l’heure est grave et interpelle les bonnes consciences, les esprits éclairés et épris de justice, de paix et d’instruction pour les Béninois de demain. Plusieurs jours déjà que les traces de craies ne violent plus les tableaux en matériaux définitifs dans beaucoup de nos écoles primaires et établissements secondaires dans le public. Le Supérieur est venu assener le coup de masure avec la ‘‘rage’’ de l’Intersyndicale des enseignants et du Collectif des étudiants. Tout est au repos ! Motif : la grève déclenchée dans les différents sous ordres de l’enseignement. Elle se rallonge avec ses conséquences monstres sur les apprenants, victimes innocentes du mécontentement de leurs géniteurs enseignants. Les syndicalistes, toujours ‘’raidis’’ et inflexibles, forcent la porte déjà ouverte pour décrocher la précieuse satisfaction des requêtes formulées. Négligeant à la limite ces âmes innocentes aux yeux hagards, seulement mues par une instruction continue et de qualité, les grévistes mettent la pression pour obtenir gain de cause. Seulement en face, se trouve un roc. En témoignent les conclusions de la rencontre entre le gouvernement porté par son premier chef et les responsables syndicaux. Explications, argumentaires, commentaires, témoignages, plaidoyers, supplications subtiles, armes de négociations, etc., tous les schémas et moyens à dispositions sont utilisés pour le dégel. Mais rien ! Le chef de l’Etat, compétiteur né, n’a pas lâché du lest, opposant aux revendications un discours direct et moralisateur. On comprend des prises de parole du Président que la caisse publique est moins florissante, que les moyens, même les plus accessoires, n’existent pas pour contenter les grévistes et améliorer leurs rétributions mensuelles dont la charge financière, uniquement que pour le corps des enseignant de la maternelle, Primaire et Secondaire, est évaluée à environ 70 milliards francs l’an, soit environ 700 milliards francs Cfa en 10 ans. Face à cette équation pernicieuse, le biscuit à eux offert reste la mise en place d’une Commission interministérielle pour peser et repeser la faisabilité des points de revendication à incidence financière. En définitive et de façon concrète, pas un morceau de pain, pas un beignet pour calmer la ‘’faim’’ des manifestants qui peuvent, tout de même, s’accommoder avec le désir du chef de l’Etat de multiplier et plus souvent la rencontre avec les partenaires sociaux. Avec des sourires apparents qui éclairent partiellement leurs visages en colère, ils se sont séparés avec cette précieuse promesse du Président d’asseoir un cadre de dialogue permanent et un climat de paix propice au dégel. Mais, lorsqu’on finit de rappeler cet épisode de rencontre historique et nourrie entre Président et syndicalistes, quel sort finalement pour l’école et ses apprenants ? L’impasse demeure et personne ne peut lever le petit doigt pour prédire l’issue de la crise. A preuve, des salles de classes resteront encore fermées cette semaine. L’école béninoise et le système éducatif ainsi pris en otage, balbutient en attendant des jours meilleurs. Des jours de gloire hélas qui tardent à venir, laissant école et apprenants dans le gouffre. De telle scène de débrayage dans le système éducatif, le pays en a fait l’amère expérience. De triste mémoire, on se rappelle ces années blanches malencontreusement déclarées dans les années 90 avec sa vague de déscolarisés, de jeunes apprenantes enceintées loin des classes et des uniformes, et de nombreux divorcés sociaux. L’école demeure une chapelle et toutes les fois que la messe n’y est pas dite, les fidèles sont livrés à eux-mêmes avec une foi penaude. On ne doit donc pas s’étonner de ces conséquences logiquement effarantes des années blanches. En termes clairs, ceci doit servir de leçons et inspirer, et frondeurs, et pouvoirs publics, afin qu’ils ne tirent pas trop sur la corde déjà fragile, de peur de la casser au grand dam de l’Ecole béninoise désagrégée.

Serge David ZOUEME

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.