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Double encadrement de l’apprenant au primaire:Une pratique à résultats mitigés

Adoptée depuis longtemps par les parents d’élèves, enseignants et écoliers, la répétition a une face cachée sur laquelle certains usagers de l’école ont fait l’option de garder le silence.

C’est cette répétition administrée par l’enseignant même de l’élève à la maison. Qu’en est-t-il des inconvénients ? Educ’Action vous amène dans les arcanes de cette méthode d’enseignement en vogue.

Du mardi 30 janvier au jeudi 1 février 2018 à 15 heures. Ce sont des heures extraordinaires au cours desquelles Jean, écolier en classe de CE2 est encadré par son maître à la maison en raison des grèves perlées qui paralysent l’école publique. « Je veux assurer la réussite de mon enfant. Je suis la seule qui s’occupe de mon garçon depuis la mort de mon mari. Les oncles de Jean ont d’autres chats à fouetter. Je ne veux pas jeter de l’argent par la fenêtre », a témoigné la génitrice de Jean avant de se fondre en larmes. Compte tenu de sa condition sociale, dame Clémentine n’entend pas négocier la réussite de son enfant. Pour y parvenir, elle fait usage de cette méthode d’enseignement pour donner une chance de réussite à sa progéniture. Que cache cette forme d’enseignement ?

De la complaisance au camouflage des résultats…

Derrière cette forme d’enseignement appréciée par certains parents d’élèves, se cache la complaisance. Selon Nicaise Assogba, directeur au CS Hlazounto B, les enseignants qui sont souvent dans ces positions versent dans la complaisance et se sentent obligés de faire réussir l’apprenant aux fins de ne pas être remercié par les parents. Invitant, à cet effet, ces enseignants à la morale professionnelle, il suggère aux enseignants sollicités pour la cause de travailler avec rigueur ou d’éviter automatiquement cette demande venant des parents. Un appel qui colle relativement avec les idéaux de Vivien Ahouelete, enseignant dans la même école. « Je refuse spécialement ces demandes parce qu’on aide l’enfant sans le savoir et ce n’est pas bien pour lui. On a l’habitude de lui montrer ce qui sera donné lors des compositions et il ne fait plus assez d’effort », a démontré le maître de CM1, groupe A de Hlazounto. Un comportement que semble épouser Clarisse Napporn, docteur en sciences de l’éducation. « Si c’est pour qu’une personne reprenne avec l’apprenant à la maison, ce qu’il n’a pas compris, il est souhaitable que ce soit une tierce personne autre que son enseignant », a souhaité l’universitaire. Abordant les avantages liés à cette pratique, elle affirme que d’une part, le rendement de l’apprenant aussi peut s’améliorer parce qu’il va bénéficier d’une prise en charge individualisée et adaptée à lui. D’autre part, ajoute la psychopédagogue, s’il n’est pas qualifié, les résultats de l’apprenant ne seront pas forcément significatifs sauf s’il prépare avec lui les épreuves d’examen pour donner l’illusion sur les capacités de l’apprenant. Néanmoins, elle n’a pas manqué d’insister sur le fait que seule la conscience individuelle de l’apprenant face à ses devoirs conditionne et détermine ses résultats.

Enock GUIDJIIME

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