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Ecarts de langage et comportements déplacés : Quand la leçon du civisme est bafouée par les apprenants

Malgré la leçon de l’ « ES : civisme » administrée aux apprenants depuis la maternelle, des écarts de comportements et de langages s’observent toujours dans le rang des apprenants. Préoccupé par ce qu’il convient d’appeler manque de savoir-vivre, Educ’Action a rencontré quelques acteurs éducatifs pour savoir de quoi il retourne. Reportage !

«…Mon enfant sachant bien que nous avons reçu des invités n’a pas daigné leur céder la place. Il est resté assis à regarder la télévision comme si de rien n’était. Il a fallu que je crie sur lui avant qu’il ne se lève. C’est toujours ce qu’il fait ». Ce témoignage de dame Persid sur son enfant de la classe de CM2, relance le débat sur les notions d’éducation et de civisme administrées aux enfants à l’école et reprises dans le cercle familial. Tout comme le garçon de dame Persid, ils sont des milliers d’enfants de son âge à adopter de pareils comportements. Pourtant, dans les curricula de formation à la maternelle comme au primaire, la leçon de civisme est enseignée aux apprenants pour leur permettre d’avoir une bonne conduite. Malgré ces leçons reçues, nombreux sont encore les apprenants qui font preuve d’incivisme. C’est alors qu’il convient de s’interroger sur le contenu de ces notions administrées aux apprenants de la maternelle et du primaire.

Du contenu de la leçon de civisme…

Alfred Akpaki, instituteur au Groupe Scolaire ‘‘Le Berger Fidèle’’ étale en deux volets la leçon de civisme qu’il enseigne à ses écoliers du CM1. « D’une part, nous étudions ce qui concerne la vie démocratique avec tout ce qui l’entoure : l’élection du président, les institutions de la République, la décentralisation par exemple. D’autre part, nous enseignons aux enfants comment se comporter sur la voie pour éviter les accidents de circulation », a-t-il déclaré pour exposer le contenu de cette matière qu’il donne à ses écoliers. Pourquoi donc des écarts de comportements et de langages ?

De l’importance de la leçon au profit du vécu…

Au nombre des raisons évoquées se trouve la négligence dans le lien entre la leçon et le vécu. « Il faut des situations qui amènent ces derniers à des vécus sur lesquels on les amène à se prononcer et par rapport auxquels on les invite à prendre des résolutions. Mais, ce qu’on observe plutôt, c’est la mémorisation et la restitution des phrases par les élèves. Cela aurait abouti à un effet sur le comportement de ces derniers », a déploré Moussiliou Akpa-L’Ara Moustapha, enseignant au département de Psychologie et des sciences de l’éducation à l’UAC pour mettre en relief, le défaut dans l’apprentissage. Abondant dans le même sens, Bruno Gbéhinto, directeur de l’enfance et de l’adolescence donne un exemple : « vous êtes sortis avec vos grands parents, vous avez fait une marche d’environ 500 m pour atteindre l’endroit. Tu as constaté que l’un de tes grands parents a commencé par s’essouffler. L’enfant l’aidera certainement parce que son intérêt est en jeu mais si c’est pour un autre il ne le fera pas. Est-ce que les leçons de civisme sont basées sur du vécu ? ». Par ailleurs, il poursuit que chaque fois qu’une leçon de civisme va suivre la démarche d’un vécu, elle va impacter les apprenants. Même son de cloche pour Moussiliou Akpa-L’Ara Moustapha, également enseignant à l’Ecole Normale Supérieure de Porto-Novo qui renchérit : « Un enseignement qui est donné pour impacter le comportement doit éviter de réduire les acquisitions à la simple récitation des leçons par les élèves ». Toutefois, il déplore les scènes de tous les jours que les enfants observent dans la rue et en famille et qui sont à l’antipode de ce qui est enseigné à l’école. Il n’a pas occulté le fait qu’il faut présenter aux élèves, les cas de vie courante afin qu’ils fassent le transfert des acquis en classe.

Enock GUIDJIME

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