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Conférence d’échanges d’informations psychiatriques : Le Bénin et le Japon se donnent la main pour un partage d’expériences

La psychiatrie, un domaine de savoir pointu au sein du dispositif de l’enseignement supérieur au Bénin, vient de bénéficier d’une écoute attentive. Il s’agit d’une conférence d’échanges d’informations psychiatriques initiée et qui prend ainsi corps entre le Bénin et le Japon, respectivement à travers le Centre National Hospitalier et Universitaire de Psychiatrie de Cotonou et des Universités et Instituts supérieurs de formation japonais en psychiatrie.

C’était le jeudi 2 août 2018, à la salle de conférence dudit centre, en présence des responsables et personnel du CNHUPC, et la délégation des universitaires japonais en visite au Bénin.

L’objectif visé est de partir des expériences mutuelles des deux pays pour faire l’état des lieux d’une part, de la formation, des recherches et des pratiques en psychiatrie, puis d’autre part de la prise en charge des malades mentaux. Par extension, il sera question, in fine, d’instaurer entre le Bénin et le Japon des cadres de collaboration et de partenariat plus dynamiques pour des échanges de divers ordres (formations, recherches, conférences) au profit des universitaires, des professionnels et acteurs de la psychiatrie de chacun des pays. A l’entame de cette activité, Dr. Magloire Gansou, directeur du CNHUPC, a remercié ses hôtes pour l’intérêt qu’ils portent à la question de la psychiatrie avant de se réjouir de ce partenariat naissant entre son centre, le CNHUPC, et les universités et instituts de formation japonais en psychiatrie. Pour le conseiller et attaché médical de l’Ambassadeur du Japon près le Bénin, Kiyoshi Yoshikawa, cette conférence d’échanges d’informations marque le début d’un partenariat qui se veut florissant entre les deux pays, en l’occurrence entre des entités universitaires spécialisées en science psychiatrique. Ce qui plante le décor pour la première communication sur le ‘’système psychiatrique au Japon’’ animée par Nasato Masuda, enseignant à l’université de Fukuoka.

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Des communications...

A l’en croire, l’accès à une entité de la médecine dans l’enseignement supérieur au Japon relève de la croix et de la bannière. « Il faut passer des examens, étudier plusieurs matières et suivre des années de formation avant d’espérer un jour devenir psychiatre », a-t-il renseigné, embrayant sur la question de la démence dans son pays. Selon lui, en 2015, les études établissent à près de 5 millions le nombre de Japonais atteint de la démence. « Et ce chiffre pourrait doubler d’ici 2030 si rien n’est fait », a-t-il informé, expliquant que les causes, entre autres, sont liées à la forte mondialisation et à la pression sociale du pays. Le professeur Hiroaki Kawasaki de l’université de Fukuoka, a, quant à lui, présenté au public son entité universitaire. Il convient de retenir que face à la forte proportion de la démence au Japon, un centre spécialisé a été créé au sein de cette université pour traiter de la question en matière de recherches et de prise en charge des patients. « Les recherches sont orientées vers les domaines de savoirs tels que la biologie, la psychologie, la psychiatrie et l’environnement social », a-t-il indiqué, rappelant que le suicide, tout comme la démence, est très légion au Japon. Le troisième communicant, Toshihiko Kinoshita, professeur à l’Université médicale de Kansai, a entretenu les participants sur ‘’le traitement, l’éducation et les recherches en psychiatrie et en neuropsychiatrie’’ au sein de cette entité universitaire japonaise. Toshifumi Kishimoto, professeur à l’Université médicale de Nara, a, à son tour, fait un exposé sur la ‘’perspective intégrée de la maladie mentale’’. Après avoir présenté au public l’Institut psychiatrique de l’université ainsi que la mission à lui dévolue, il est revenu sur les phases de développement de la schizophrénie, un trouble mental sévère et chronique appartenant à la classe des troubles psychotiques. Il a, par ailleurs, insisté sur les thérapies développées par l’institut pour faire face à cette maladie. Il n’a pas occulté les causes probables de la maladie psychiatrique à savoir le viol, la maltraitance, la consommation de divers types de drogues, etc. Il a, pour finir, formulé le vœu que cette conférence donne le déclic d’une collaboration universitaire prolifique entre le Bénin et le Japon.
Le professeur Magloire Gansou, directeur du CNHUPC, s’est livré au même exercice au grand bonheur des hôtes japonais. De l’état des lieux de la santé mentale au Bénin à la prise en charge des patients en passant par le tableau de la dépression ( la pathologie la plus fréquente au Bénin), puis l’historique et l’évolution du Centre National Hospitalier et Universitaire de Psychiatrie de Cotonou, l’homme a fait le tour d’horizon avec des statistiques à l’appui pour mieux renseigner la délégation universitaire japonaise. Au terme de la conférence, les deux parties ont marqué leur accord à continuer cette collaboration dans l’intérêt des deux pays.

Serge David ZOUEME

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