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Invité de la 3ème édition des Rencontres Intergénérationnelles des Médias (RIMs) : Ali Idrissou Touré appelle à une presse libre et responsable

La 3ème édition des Rencontres Intergénérationnellesdes Médias (RIMs), une initiative saluée du Groupe de presse Educ’Action, a déroulé le tapis rouge au journaliste émérite Ali Idrissou Touré,le mardi 30 octobre 2018, au siège de l’organe de presse à Hindé-Nord, Cotonou.

Présidents d’Associations professionnelles des médias (CNPA-Bénin, UPMB, ODEM), autorités de tutelle, anciens journalistes comme nouveaux ont tous répondu présents à ce rendez-vous d’échanges sur le thème : « La presse face au pouvoir esclavagiste de l’argent ».

Dignité, intégrité et professionnalisme. Pour Ali Idrissou Touré, ces trois valeurs sont inhérentes à l’instauration d’une presse libre et responsable. S’indignant de l’état actuel de la presse béninoise qu’il trouve sujette aux manipulations des puissances d’argent, en l’occurrence politiques, l’homme exhorte à un éveil de conscience. Mais selon Basile Tchibozo, Président du Conseil National du Patronat de la Presse et de l’Audiovisuel (CNPA-Bénin), le modèle économique réservé à la presse béninoise peut s’avérer la source des maux qui minent la profession. Surtout, rappelle-t-il, les journalistes recrutés dans les organes de presse ne sont pas toujours payés en fonction du service rendu, et donc, pas conformément au minimum requis par la Convention collective appliquée aux professionnels des médias. A ce propos, Franck Kpochémè, Président de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB), recommande aux patrons de presse de payer à leur personnel des salaires décents. Par contre, Guy Constant Ehoumi, Président de l’Observatoire de la Déontologie et de l’Ethique dans les Médias (ODEM), pense qu’il est possible d’être intègre et de gagner sa vie. « Le journalisme est un sacerdoce. Nul ne fait le vœu de pauvreté en choisissant un métier. Mais, il faut cesser de courir derrière l’argent, cela n’honore pas notre presse », a-t-il martelé. Si les dérives des médias, notamment des journalistes, résident dans leur quête de survie, une quête dans laquelle la communication se mêle à l’information, où le concept de « per diem » prend de plus en plus d’ampleur, où les maîtres chanteurs tapissent dans l’ombre de la lumière, la mise en place des contrats médias en appui au fonds public d’aide à la presse béninoise pourrait être, selon Basile Tchibozo,un début de solution efficace. Cependant, en dépit de la contingence d’une telle réforme, il reste à espérer que l’action suffise pour mettre fin à la course effrénée des professionnels des médias vers l’argent. Tous les corps de métier présents s’accordent que l’idéal renvoie à un regroupement des organes de presse en des groupes de presse, et le développement des régies publicitaires. Ils ont, par ailleurs, salué l’initiative du Groupe de presse Educ’Action qui offre un cadre d’échanges aux différentes générations de professionnels des médias en vue de méditer sur les vrais problèmes et péripéties de la corporation. Les jeunes journalistes présents à la séance ne se sont pas abstenus d’exprimer leurs inquiétudes afin de disposer davantage de repères dans l’élan de leur parcours.Il est à souligner, que le Ministère de l’Économie Numérique et de la Communication (MENC) et la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ont également pris part aux débats. Ceci à travers la présence de Brigitte Tchibozo Massou et de El Hadj Mama Aguè, respectivement Directrice de la Presse et de la Publicité au MENC et Secrétaire Général à la HAAC.Le rendez-vous de la 4ème édition des RIMs est pris pour janvier 2019.

IMPRESSIONS DE QUELQUES PARTICIPANTS

Brigitte Tchibozo Massou, Directrice de la Presse et de la Publicité / MENC

« Il faut que chacun se place devant le miroir de sa conscience pour faire place au professionnalisme »

«Je trouve qu’il est bien et important de se remettre de temps à autre en cause et de pouvoir s’autocritiquer. Il faut que chacun se place devant le miroir de sa conscience pour faire place au professionnalisme. De même, les règles doivent être appliquées, car les journalistes ne sont pas payés à juste titre ».

Basile Tchibozo, Président du CNPA-Bénin

« On constate tous le problème sans une résolution adéquate »

«La jonction des associations, anciens et jeunes, aura permis de présenter ce qui est fait en ce qui concerne la gouvernance de la presse au Bénin. C’est une belle initiative, l’organisation de ces Rencontres Intergénérationnelles des Médias qu’il faudra perpétuer. Par rapport au thème du jour, je trouve comme le doyen Ali Idrissou Touré, que l’adjectif esclavagiste est de trop. Nous sommes dans un contexte où le modèle économique n’est plus celui d’avant, puisqu’il nous contraint à plus communiquer qu’informer. Désormais, les contrats n’existent plus. Les organes de presse sont donc obligés de se battred’eux-mêmes pour s’en sortir. Il est alors difficile de tenir le minimum de salariés et payer un bon salaire, payer les intrants et autres. On constate tous le problème sans une résolution adéquate. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est de s’appuyer sur les fonds d’aide, le financement public et l’opérationnalisation d’une politique de régie publicitaire ».

Franck Kpochémè, Président de l’UPMB

« Les bons exemples ne se retrouvent pas que chez les anciens »

«C’est une rencontre originale. Elle permet à deux générations d’interagir. L’initiative est à encourager. Seulement, il faudrait que Educ’Action fasse l’expérience avec ceux qui sont de notre époque, en invitant les journalistes contemporains. Pour les trois premières éditions, il n’y a eu que d’anciens journalistes. Il est important que les jeunes journalistes puissent également aller à l’école de ceux qui sont encore actifs dans le métier au temps présent. Les bons exemples ne se retrouvent pas que chez les anciens. Par rapport au thème débattu, je trouve que tant que les journalistes sont mal payés dans les organes de presse sans le manifester, l’UMPB ne pourra pas réagir ».

Guy Constant Ehoumi, Président de l’ODEM

« ...oui les médias ont besoin des moyens, mais on ne doit pas fouler aux pieds les principes de la presse »

«Educ’Action nous permet d’aborder un sujet d’actualité, et surtout de nous regarder dans le miroir par rapport à un fléau qui, aujourd’hui, mine la presse béninoise : la question de l’argent, le pouvoir de l’argent qui, au lieu d’être un serviteur, semble être le maître qui guide les médias. L’occasion a été pour nous de stigmatiser la situation pour dire oui les médias ont besoin des moyens, mais on ne doit pas fouler aux pieds les principes de la presse. La réflexion maintenant consiste à voir comment financer les médias tout en les rendant indépendants et pérennes »..

Pétros Ahéko, journaliste à Radio Univers

« Je sais que le journalisme n’est pas fait pour s’enrichir, mais par passion »

«C’est une joie pour moi d’avoir pris part à cette rencontre. J’en sors transformer. D’ores et déjà, je sais que le journalisme n’est pas fait pour s’enrichir, mais par passion »

Ulrich HOUNDJI

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