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Faible affluence devant les stands de fournitures scolaires à moins d’une semaine de la rentrée : Des parents d’élèves réticents, vendeurs de kaki et couturiers se plaignent

Alors que moins d’une semaine nous sépare de la reprise officielle des classes prévue pour le lundi 17 septembre 2018, les stands de vente de fournitures scolaires peinent à faire le plein. Les parents d’élèves toujours réticents, éprouvent de réelles difficultés pour s’approvisionner, faute de moyens financiers. Educ’Action, comme à l’accoutumée, a fait le tour de quelques stands dans la ville de Cotonou. Le constat n’est pas reluisant.

Il sonnait 14heures 10 minutes dans l’après-midi de ce mardi 4 septembre 2018. Les rayons ardents du soleil balayaient la ville capitale, Cotonou. Sous l’un des nombreux stands de vente de fournitures scolaires érigés dans le quartier Fidjrossè, l’heure est à l’ennui. Têtes enfouies sous les tables de circonstance, de jeunes tenanciers, pour la plupart des étudiants et autres déscolarisés sollicités temporairement, se laissent aller au sommeil. D’autres donnent libre cours à leurs hobbies, d’autres encore accrochés à leurs téléphones portables, tentent de tuer le temps. Et pour cause, les stands sont bien déserts. Seuls de rares curieux et parents d’élèves observent l’escale pour s’enquérir des prix des articles exposés. Gloria Badé, la vingtaine, élève en vacances et tenancière de stand, se désole de la mévente qui s’empare des stands. Elle se livre ainsi : « Les parents d’élèves viennent sporadiquement pour faire les achats de fournitures scolaires. » A l’en croire, cette réticence des géniteurs s’explique en grande partie par la morosité économique qui sévit dans le pays. A quelques encablures, sous une bâche qui abrite l’un des stands de vente de fournitures du quartier Agla, on se bouscule. Ici, les parents sont sortis. Pendant que certains ont fini de faire leurs achats, d’autres immobilisent leurs moyens de déplacement pour le même exercice. Approchés par le reporter de Educ’Action, certains parents d’élèves se lâchent en ces termes : « Je suis venue acheter les fournitures scolaires pour mes deux enfants. Le temps est vraiment difficile pour tout le monde, mais je suis obligée de les prendre parce que dans quelques jours, les enfants doivent reprendre les cours », a fait savoir dame Sylviane Akokpé. Enock Tokpohounsi, quant à lui, n’a aucun souci à se faire pour contenter ses enfants. « Je suis venu acheter les fournitures scolaires pour mes enfants. J’éprouve moins de difficultés parce que j’avais fait le programme et je me suis organisé pour ne pas être surpris », a-t-il renseigné.

FOURNITURES SCOLAIRES

Sous la bâche installée à quelques mètres du portail principal du Ceg Le Nokoué, Bernice Houéhounmè, chef stand Label Ral, témoigne que les parents d’élèves sortent, pas pour acheter systématiquement sur le champ, mais pour s’informer des coûts des articles mis en vente. Pour sa part, Pierre-Paul Fandrebo du stand Omonladé situé à Ste Rita reste convaincu que les parents d’élèves sortiront à quelques jours de la rentrée. Mais pour l’heure, ce dernier pointe du doigt la situation économique du pays comme mobile principal de la réticence des parents. Tout comme dans la journée, les stands restent ouverts même la nuit. Notre périple nous conduit, ce même mardi nuit, sur l’esplanade du Stade Mathieu Kérékou à Cotonou. Plusieurs stands y sont érigés et électrifiés. « Pour le moment, les parents viennent sporadiquement pour acheter quelques fournitures. Je suppose qu’ils attendent les derniers jours pour se manifester », a renseigné Olivier Hounsou, superviseur sur l’un des stands visités. Si sur les stands, la mobilisation des parents peine à s’observer, quelle est la situation au niveau des vendeurs des tissus kaki, l’uniforme admis dans le public. Dame Célestine Adjaï, vendeuse ambulante desdits tissus, ne cache pas sa désolation. « A part quelques rares parents d’élèves qui s’approvisionnent d’habitude chez moi, la vente n’emballe pas encore », a-t-elle lâché, préoccupée. Notre tour de ville échoue dans un atelier de couture, le dernier maillon de la chaîne. Janvier Atindjobo, quinquagénaire, est un couturier sis à Hindé. A l’en croire, la situation est bien identique, un peu partout. « Cette année, je n’ai pas reçu assez de commandes. J’ai eu très peu de commandes de kaki et je garde l’espoir que cela changera d’ici là avant la reprise des classes. Les quelques rares clients qui se pointent, se plaignent encore de l’argent ».

Esther KOUDJENOUME (Stg)

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