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Corinna Breitag-Heinz, Chargée du projet ProEduc de la GIZ

"Nous travaillons pour améliorer la qualité dans les écoles primaires"

Rencontrée à Abomey, à l’occasion de l’Université de vacances inédite organisée par l’INFRE à l’intention du corps d’encadrement du Ministère des Enseignements Maternel et Primaire, Corinna Breitag-Heinz a accepté, volontiers, de répondre aux questions de votre hebdomadaire Educ’Action. Chargée du Projet ProEduc de la GIZ, elle en explique les tenants et les aboutissants.

Educ’Action : Quel est le mandat de ProEduc au Bénin ?

Corinna Breitag-Heinz : ProEduc s’inscrit dans le renforcement des capacités des acteurs des écoles primaires publiques.

L’action de ProEduc porte-t-elle déjà des fruits sur l’axe qualité de l’éducation au Bénin ?

Oui ! ProEduc est au Bénin depuis 2011. Nous sommes dans la troisième phase. Au début, nous avons surtout travaillé avec les circonscriptions scolaires, les cadres et les agents dans le but d’améliorer les performances des circonscriptions scolaires. Sur cette base-là, nous avons construit des relations assez étroites et confidentielles grâce à nos conseillers techniques qui ont leurs bureaux dans quatre directions départementales. C’était un très bon départ pour cibler la qualité scolaire. Cette qualité qui est aujourd’hui, l’objectif de la troisième phase est en cours. Nous travaillons plus avec les CS en faveur d’un renforcement des compétences des conseillers pédagogiques et des chefs de régions pédagogiques. Nous travaillons pour améliorer la qualité dans les écoles primaires. Je suppose qu’ils vous ont déjà parlé du cadre d’orientation de la qualité. Nous avons cette approche holistique de l’école en tant qu’institution et notre slogan est : « des écoles vivantes égales des enfants forts ». Nous travaillons pour avoir des enfants bien éduqués, bien encadrés, bien accompagnés et bien appuyés pour qu’ils puissent apprendre le nécessaire pour continuer leur cursus scolaire après les six ans.

Pour atteindre la qualité souhaitée, quel est le mode opératoire de ProEduc sur le terrain ?

En tant que collaboratrice de la GIZ par ProEduc, nous ne travaillons jamais avec les élèves. Ce sont toujours les enseignants, car c’est leur domaine d’intervention. Notre porte d’entrée c’est toujours la Circonscription Scolaire. Ce sont d’abord les CRP qui expriment leur bonne volonté de s’inscrire dans un processus de changement. Ensuite, ce sont les conseillers pédagogiques avec lesquels nous travaillons parce que ce sont eux qui sont responsables de l’encadrement du corps enseignant. Enfin, nous avons commencé cette année à travailler avec les directeurs et directrices d’écoles primaires qui ont la bonne volonté de signer un contrat d’axe de développement de leur école. Avec eux, avec le CP responsable même avec les parents d’élèves aussi, on collabore avec des objectifs de changement, on rédige une feuille de route avec des actions très concrètes. Et on se met au travail. Tout se passe en bonne intelligence avec nos conseillers techniques, qui sont très proches de la CS en restant dans les directions départementales. Ils peuvent réagir rapidement et faire avancer les choses. Ce sont les CT qui accompagnent le processus de changement, qui sont là pour donner des consignes et pour discuter afin de trouver des options pour atteindre les objectifs. Il y a toujours des questions qui se posent afin de trouver des réponses. Nous sommes là pour faciliter la vie des conseillers pédagogiques. A travers cela, ils peuvent mieux répondre aux besoins spécifiques des enseignants. Si un enseignant veut répondre aux besoins de chaque élève dans sa classe, lui-même doit vivre cet accompagnement à travers un inspecteur, un conseiller pédagogique, telle est notre philosophie.

Avec le travail que vous abattez sur la qualité depuis 2011, que pensez-vous des résultats du CEP 2018 ?

J’avoue que j’ai eu deux idées dans mon cœur. D’un côté, j’ai été un peu déçu parce que c’est légèrement bas que l’année précédente. J’avais eu l’espoir qu’il y ait une augmentation. De l’autre côté, je peux dire que c’est un peu stable malgré que nous avons eu plusieurs mois de grève. Et ça m’a agréablement surprise. A mon avis, on ne peut pas se contenter d’un tel résultat et c’est pourquoi je suis très ravi d’avoir eu cette opportunité de collaborer avec l’INFRE afin d’organiser deux semaines d’université de vacances. A mon avis, les deux vagues ont été couronnées par cette troisième vague où nous avons l’occasion de travailler avec des CRP, des CP, des directeurs départementaux, des directeurs d’ENI et des directeurs centraux. Cela m’a donné l’espoir que nous pouvons faire encore des pas en avant pour un meilleur ancrage institutionnel de ce que nous avons expérimenté sur le terrain. A mon avis, c’est le plus grand défi.

Propos recueillis par Ulrich Vital Ahotondji

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