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INTERVIEW | Espéra Elégbédé, Directeur de l’ENI-Djougou

« L’inexistence de formateurs permanents et le faible niveau des élèves-maîtres en Français sont nos difficultés »

 

Confronté à des problèmes comme tout directeur dans une structure étatique, Espéra Elégbédé, Directeur de l’ENI-Djougou, à travers cet entretien accordé à Educ’Ation nous épluche les difficultés rencontrées dès sa prise de fonction après avoir brièvement présenté l’Ecole Normale des Instituteurs (ENI) dont il a la charge depuis bientôt un an. Lisez pour plus de précisions !

Educ’Action : Présentez nous l’ENI-Djougou ?

Espéra Elégbédé : En 2005, pour  amorcer le dénouement de la crise de pénurie  d’enseignants qui s’annonçait  suicidaire pour le pays, le gouvernement a décidé de la réouverture progressive des ENI. Ainsi, par décret 2005-794 du 29/12/2005 trois premières ENI ont été ouvertes dont celle de Djougou implantée sur un terrain de 15  hectares. Elle est située au bord de la route inter-Etat Djougou-Kara et dispose d’un bloc administratif, un centre de documentation pédagogique, un centre informatique, une salle polyvalente, six salles de cours, un réfectoire, une infirmerie, des dortoirs d’une capacité de 300 personnes pour les élèves-maîtres, deux logements pour le Directeur et l’intendant. A sa création, l’ENI-Djougou avait pour vocation d’assurer aux instituteurs des Enseignements Maternel et Primaire leur formation et leur recyclage. Elle accueillait et formait les enseignants titulaires du BEPC pour l’obtention du Certificat Elémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP) option Enseignement Maternel et Primaire. Mais avec l’ouverture de l’ENI-Allada en  2008, elle s’occupe essentiellement de la formation initiale des enseignants du primaire. Les activités de formation à l’ENI-Djougou  sont faites essentiellement d’activités en deux volets. Il y a les activités théoriques et les activités pratiques.  Les activités théoriques sont basées sur les didactiques des différents champs de formation, l’élévation de niveau, la psychologie, la pédagogie générale,  la législation scolaire et la morale professionnelle. Les activités pratiques sont constituées des stages pratiques auxquels sont soumis les élèves-maîtres au cours de leurs formations à savoir : stage d’immersion, stage d’initiation et stage de professionnalisation dans une école primaire du territoire national.

Combien de temps dure la formation des élèves-maîtres dans votre ENI ?

Actuellement, la formation dure deux ans. Un an de formation théorique et un an de stage  de professionnalisation dans une école.

Quel est le profil de ceux qui en assurent la formation ?

Cette formation est normalement assurée par trois catégories de personnel. Les enseignants qui sont des formateurs, le personnel permanent composé de conseillers pédagogiques et de diplômés  de psychologie et sciences de l’éducation affectés dans les ENI comme formateurs enfin le personnel vacataire enseignant ou non constitué des personnes ressources et cadres extérieurs dont les compétences sont sollicitées par le ministère pour appuyer la formation des élèves-maîtres. Pour notre formation, nous utilisons essentiellement  des ordinateurs et matériels de vidéo-projection.

Après votre prise de service, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

A notre prise de service à l’ENI-Djougou, les difficultés que nous rencontrons sont entre autres liées à l’inexistence de formateurs permanents, au faible niveau des élèves-maîtres en français et l’absence d’agent de santé qualifié pour faire fonctionner convenablement l’infirmerie.

Comment arrivez-vous à surmonter ces difficultés ?

 Pour pallier la difficulté liée à l’insuffisance de formateurs permanents, il est fait appel à des formateurs vacataires que sont des inspecteurs, Conseillers pédagogiques et professeurs des collèges.  Pour relever  le niveau des élèves-maîtres en Français, nous avons décidé, en osmose avec les formateurs, de faire l’enseignement occasionnel  du français à travers toutes les activités de l’ENI. Mieux, nous avons trois professeurs certifiés de Français qui enseignent systématiquement le Français pour élever le niveau des élèves-maîtres. Pour résoudre le problème de fonctionnement de l’infirmerie, nous comptons faire un plaidoyer en direction du médecin, coordonnateur de la zone sanitaire Djougou-Copargo-Ouaké afin qu’il nous  affecte un infirmier pour des interventions précises.

Le problème d’incompétence se pose au niveau des instituteurs, quelles solutions préconisez-vous pour corriger le tir ?

Le problème d’incompétence des instituteurs se situe à deux niveaux : la culture générale et les didactiques des différents champs de formation.  Pour la culture générale, en plus des cours systématiques d’élévation de niveau en Français, Mathématiques, SPCT, SVT, EPS nous avons décidé de concert avec les formateurs de faire l’enseignement occasionnel du Français à travers toutes les activités menées. En ce qui concerne les didactiques des six champs de formation, nous avons accordé plus d’attention à la préparation des fiches et à l’exécution des séquences de classe pendant les stages d’initiation. Aussi,  avons-nous  renforcé le suivi des élèves-maîtres en stage de professionnalisation en échangeant avec les différents acteurs qui sont impliqués dans l’encadrement des stagiaires.

Que dire pour conclure cet entretien ?

Pour conclure cet entretien, je voudrais d’abord vous remercier pour l’attention que vous portez au système éducatif  béninois et vous encourager à continuer dans ce sens.  Je voudrais également remercier le gouvernement de mon pays qui s’emploie à moderniser et renforcer les écoles de formation professionnelle.

Propos recueillis par : Enock GUIDJIME

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