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Evaluation des capacités dans la maternelle et le primaire : Les enseignants du public et privé jaugés, les communautaires crient à l’exclusion

L’évaluation des capacités des enseignants prévue pour le samedi 16 juin 2018 a eu lieu effectivement dans le département du Littoral, notamment au Complexe scolaire Gbégamey-Sud et celui de Sikè-Nord où les reporters d’Educ’Action ont fait une descente. C’était sous la supervision de Martin Luther Adéromou et Camille Tchiapkè respectivement Directeur départemental des Enseignements Maternel et Primaire du Littoral et le Chef de la Région Pédagogique numéro 28.

 

Ils sont au total 350 enseignants dont 90 du privé au Complexe Scolaire Gbégamey-Sud et 255 enseignants dont 233 du Primaire et 32 de la Maternelle au Complexe Scolaire Sikè-Nord, toutes catégories confondues à être évalués dans l’objectif de renforcer leurs capacités intellectuelles. Il est 7 heures au Complexe Scolaire Gbégamey-Sud, un attroupement d’enseignants s’observe déjà au niveau de la classe de CM2/A, lieu où est affichée la liste d’inscription des candidats. Sous un arbre dominant la cour de l’établissement, se trouve un groupe d’enseignants débout avec des visages timides et des regards impatients qui n’attendent que les dernières consignes des autorités pour rejoindre les salles de composition. De l’autre côté du secrétariat, les réglages se font sous la houlette des autorités venues superviser la séance d’évaluation qui a duré une journée. D’un ton responsable, Camille Tchiapkè, CRP numéro 28 invite les instituteurs et institutrices à s’installer dans les salles d’évaluation pour le démarrage de l’épreuve de mathématiques. Assis comme des candidats venus pour composer à un examen national, l’impatience a pris le dessus sur les candidats qui ne veulent que voir le visage de la première épreuve. A 8 heures 15 minutes, la sirène retentit pour signaler le lancement des épreuves. Simultanément, les surveillants de salles ont commencé par partager les épreuves de mathématiques. « Ce matin, nous venons de lancer la première épreuve de l’évaluation. Le constat est là. Nous sommes satisfaits de la participation des enseignants qui montrent combien de fois ils adhèrent à cette initiative qui permettra au système éducatif d’éviter les navigations à vue dans le choix des thèmes ou des besoins en formation pour un recyclage des enseignants », a affirmé Martin Luther Adéromou, Directeur départemental des Enseignements Maternel et Primaire du Littoral pour revenir sur le contexte de cette évaluation. Renseignant sur le nombre d’enseignants évalués dans son département, l’autorité départementale des Enseignements Maternel et Primaire a témoigné qu’ils sont 1.294 en moyenne d’après les dernières statistiques mais peuvent augmenter avant d’ajouter qu’ : « on verra les statistiques finales ». Après la supervision du lancement de l’évaluation au CS Gbégamey-Sud, cap a été mis sur le CS Sikè-Nord. Ici, tous les candidats ont déjà égrené des heures dans leur salle de composition. « Chez nous, les épreuves ont démarré à 8 heures. Tout se passe globalement bien. Nous avons des candidats qui ont répondu présents. Les surveillants de salle, tout le staff », a laissé entendre André Sagbo, Directeur du CEG Ségbéya et Chef centre du Complexe scolaire Sikè-Nord.

Le film de l’évaluation des 2.415 candidats instituteurs dans le Mono

Les enseignants des écoles maternelles et primaires du Mono ont, eux aussi, répondu présents ce samedi 16 juin 2018 au test d’évaluation organisé par le gouvernement béninois. Six centres d’examen ont accueilli, au chef-lieu de chaque commune, les 2.415 candidats instituteurs du Mono répartis dans 84 salles de composition. Des directeurs d’école assis dans les mêmes salles de composition que leurs adjoints ont également subi cette évaluation. Tout comme leurs collègues des autres départements, la crainte d’une évaluation punitive est assez perceptible. Mais, le Directeur départemental des Enseignements Maternel et Primaire du Mono a rassuré les candidats en rappelant qu’il n’y a pas que la sanction qui résulte d’une évaluation. Pour lui, c’est juste une évaluation organisée par le gouvernement pour avoir une base de données fiables et d’identifier les enseignants par leurs besoins spécifiques afin de programmer des formations à leur intention. « Contrairement à ce qui se dit sur les réseaux sociaux, il n’y a pas de révocation suite à cette évaluation vu que nous avons déjà un effectif réduit d’enseignants », a martelé le DDEMP Mono Lambert Bossou toujours pour rassurer les candidats. « L’évaluation concerne les agents permanents de l’Etat et les agents contractuels de l’Etat. », a précisé Lambert Bossou. Pour Blaise A. Montcho, le Chef centre de composition de la commune de Lokossa, tout se passe bien. « Sur les 501 instituteurs conviés à l’évaluation, seulement sept n’ont pas répondu à l’appel et trois autres ont prouvé leur mauvaise santé par des certificats médicaux », a informé Blaise A. Montcho avant d’ajouter qu’« il y a, cependant, des omis qui ont été très tôt pris en compte. »

Les enseignants communautaires interdits d’accès aux salles de composition à Lokossa

Certains instituteurs aux regards inquiets ont été rencontrés à l’entrée de l’école urbaine centre de Lokossa qui abritait cette évaluation pour le compte de la commune de Lokossa. Approchés, ceux-ci déclarent être interdits d’accès aux salles de composition sous prétexte qu’ils ne disposent pas de numéro matricule. A leur grand étonnement, des instituteurs des écoles privées qui ne disposent pourtant pas de ces numéros matricules ont été curieusement autorisés à composer. « Si la disposition d’un numéro matricule est la condition d’accès aux salles de composition, pourquoi a-t-on autorisé les instituteurs des écoles privées qui n’en disposent pas ? », s’interroge Abel Hounsounou, enseignant communautaire à l’EPP Agamè-Aligoudo. « Si nous ne disposons pas à ce jour de numéro, la faute est au gouvernement qui ne nous a pas encore signé nos contrats alors que nous avons rempli toutes les formalités depuis le 13 Avril 2016. », a expliqué Thierry Tognanhoudé, un enseignant communautaire de l’EPP Agamè B avant d’ajouter qu’ils sont sans salaire depuis 2005 alors qu’ils continuent de servir dans leur école respective. Craignant les déconvenues du fait que leurs collègues du privé composent pour cette évaluation au moment où on leur interdit l’accès aux salles, ces enseignants demandent au gouvernement de bien vouloir clarifier leur statut professionnel afin de leur trouver une issue favorable. Une fois encore frustrés par leur renvoi du centre de composition ce matin du samedi 16 juin à Lokossa, ces instituteurs communautaires sont simplement rentrés avec en tête le doute qui plane sur leur statut dans la fonction publique béninoise.

Des difficultés rapidement solutionnées…

Insuffisance d’épreuves, erreurs sur l’épreuve de mathématiques, problèmes de statistiques au CS Gbégamey-Sud. Ce sont-là les difficultés constatées par l’équipe de reportage de Educ’Action dans les deux centres sus cités. Lesquelles difficultés sont confirmées partiellement par le Chef centre du Complexe Scolaire Gbégamey-Sud. « En termes de difficultés, il y en a quelques-unes mais pas majeures. Tôt le matin, il y a certains enseignants qui n’avaient pas consulté la liste d’inscription. Donc, c’est le matin qu’ils ont commencé par courir dans tous les sens. En dehors de cela, il y a le nombre insuffisant des épreuves. Nous avons pu quand même servir tout le monde en temps indiqué », a fait savoir Cyrille Dah, Chef centre au CS Gbégamey-Sud. A la sortie de l’évaluation, quelques candidats ont donné leurs impressions.

Des candidats se prononcent …

A la fin de la première épreuve, celle de la mathématique faite au verso de l’épreuve sans calculatrice, ni brouillon, les candidats à cœur joie ont donné leurs impressions. « Nous venons de finir l’épreuve de mathématiques. En général, je n’ai pas rencontré de difficultés. Nous sommes soumis à une épreuve traitée avec aisance. C’est une bonne chose », a déclaré Athur Hounsounou, candidat et enseignant du Primaire à l’Ecole Notre Dame de Laurette à Agla. Une impression que partage également Daniel Dagbé, enseignant à l’EPP ‘’ La Racine du Succès’’ située à Agla Agongbomè qui témoigne que tout ce qu’il a parcouru est à sa portée. « C’est une perte de temps pour moi de venir composer cette épreuve. Je n’ai rien vu là. J’ai passé 30 minutes pour finir », disait un enseignant à son collègue. « Nous voulons la réforme. C’est ce qu’ils sont en train de faire. Je suis enseignante, on s’attendait à autre chose. Ce qu’on enseigne aux enfants est plus difficile que ce que nous avons composé », a affirmé Agathe Dorothée Klele, enseignante dans une école publique à Agla centre partageant les mêmes impressions que son collègue. Pour information, le Complexe Scolaire Gbégamey-Sud, le Complexe Scolaire Sikè-Nord, CS Lagune et CS Akpakpa-Centre sont les quatre (04) centres dans lesquels les candidats du Littoral ont composé. Les mathématiques, la compréhension de l’écrit et l’étude pratique sont les trois (03) épreuves dans lesquelles les candidats ont planché.
Faut-il encore le rappeler, à travers cette évaluation diagnostique, le gouvernement béninois entend cerner les besoins spécifiques des enseignants de la maternelle et du primaire pour l’élaboration d’un Plan d’amélioration de la qualité de l’éducation.

La Rédaction

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