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Enseignement Maternel au Bénin : Voici les raisons de la féminisation du personnel d’encadrement

Il est un secret de polichinelle que les établissements d’enseignement maternel enregistrent plus de femmes que d’hommes comme effectif dans l’encadrement des bouts de choux. Une féminisation est observée donc dans ce sous-secteur, qui, pourtant, à l’occasion des concours de recrutement lancés par le gouvernement depuis la nuit des temps, accordent égalité de chance aux deux sexes.

Comment pourrait-on alors expliquer cette supériorité numérique des femmes ? Faut-il affirmer que les hommes n’ont pas les qualités et les compétences qu’il faut pour ce travail ? Ne sont-ils pas doués pour le job ? Ne sont-ils pas faits pour ce travail ? Eléments de réponses à travers cette mini-enquête.

«Nous avons six institutrices ici qui sont des catégories ACE et APE ». C’est en ces termes que s’est exprimé Gaétan Kponoukon, Directeur de l’Ecole Maternelle Publique de St-Michel pour mettre en relief la supériorité numérique des femmes dans l’Ecole Maternelle Publique dont il a la charge. Son témoignage relance le débat de la présence massive des femmes dans ce sous-secteur. Selon les propos recueillis, le sous-secteur de la maternelle est beaucoup plus envahi et apprécié par les femmes parce que ces dernières se retrouvent plus à l’aise dans ce métier, contrairement aux hommes. Comment apprécier donc la féminisation des établissements d’Enseignement Maternel ?

La maternelle, le marigot des femmes, selon des acteurs de l’école…

Selon les textes réglementaires, les écoles maternelles qui étaient jadis des centres d’éveils de stimulation de l’enfant, ne sont pas spécifiquement dédiées aux femmes. C’est ouvert pour les deux sexes. Pourtant, il prédomine une forte représentativité des femmes. « Quand je passais mon concours, certains disaient qu’à la maternelle, les gens seront moins payés. Ils trouvent que les enfants défèquent et vomissent beaucoup, donc c’est un travail directement lié aux femmes comme elles en ont déjà l’habitude à la maison », a expliqué d’un sourire grivois Agathe Togbo, Directrice de l’Ecole Maternelle Publique de Fidjrossè. Arguments soutenus par son homologue de St-Michel qui renchérit en ces termes : « C’est compte tenu de la spécificité du travail à faire. Quand les enfants se salissent, il faut leur apporter de soin. Il s’est fait que les femmes à un moment donné se sont montrées beaucoup disponibles et les hommes mêmes ont déguerpi un peu ». Néanmoins, il soutient que les hommes qui travaillent à la maternelle ne déméritent pas et qu’au niveau intellectuel comme pédagogique, ils s’affirment positivement. Pour lui, ces hommes qui sont d’ailleurs peu dans ce sous-secteur apportent le côté paternel aux enfants, car ces derniers ont besoin aussi des hommes. Pour se justifier, Gaétan Kponoukon, psychopédagogue déclare que « l’enfant a son père et sa mère à la maison et quand il est à l’école, il se retrouve également devant les deux gens qui se complètent ». Dans une école maternelle privée située dans les encablures de St-Jean dans laquelle les reporters de Educ’Action ont fait une descente, le constat est le même. « Depuis que j’ai commencé ici, je n’ai jamais vu une demande d’emploi venant d’un homme », a laissé entendre laconiquement Florence Dossou-Yovo, Directrice de l’Ecole Maternelle privée St-Joseph pour révéler l’absence des hommes dans son école. Toutefois, les autorités des différentes écoles approchées ont récusé la thèse de discrimination du genre dans ce sous-secteur.

Enock GUIDJIME & Rolande MEYA (Stg)

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