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Spectacle « Kondo le Requin » au MASA 2018 : Béhanzin ressuscité un siècle après sa disparition

Dans un décor atypique qui renvoie à l’environnement ocre du royaume d’Abomey, plus d’une trentaine d’acteurs réunis sur une même planche pour plonger festivaliers et curieux de l’art dans l’histoire du douzième souverain au trône des Houégbadjavis.

Une histoire contée et merveilleusement jouée par des intrépides acteurs mus par le désir de partager avec un public mi connaisseur, mi néophyte, une vérité d’un pan du continent encore sous domination. En effet, Farouche défenseur de son royaume « Danxomè », le règne du roi Béhanzin qui a marqué toute l’humanité dans l’ouvrage « Kondo le requin », du regretté feu Jean Pliya a été revisité à la salle Kodjo Ebouclé du Palais de la Culture d’Abidjan. Dans une scénographie digne du palais royal de Djimè avec des louanges fortes à l’adresse du roi sur des pas de danses rituelles parfaitement exécutés, les acteurs et comédiens de la compagnie Kaïdara n’ont pas lésiné sur les détails dans le déroulement de l’histoire du souverain. Béhanzin, qui a régné sur le Danxomè de 1889-1894. Entre ‘’Hèssou’’, le courage et ‘’Hèssi’’, la peur, le roi, fils de la panthère, confronté aux rivalités internes dans son royaume et à l’agression militaire de l’Occident, une lune après son intronisation, va opter pour le premier choix. Faire preuve de courage en mobilisant sa troupe pour livrer une lutte opiniâtre contre l’occupant étranger, le colonisateur français. L’armée dahoméenne composée d’une équipe mixte d’hommes et de femmes amazones, moins équipée en munitions, oppose une résistance à la force militaire française plus presque lourdement armée. Pendant combien de temps va durer encore ce combat, quand les pertes en vies humaines enregistrées dans le camp des vaillants soldats dahoméens sont plus conséquentes que celles constatées dans le camp d’en face ? Pour la survie de son peuple, le roi des perles, maître du monde, va finir par se rendre au colonisateur. « Kondo le requin », c’est l’explosion de l’émotion chez les spectateurs. Tristesse sur les visages pendant les moments douloureux de la vie du souverain et tendresse durant ses périodes de performances. Pour une résurrection du roi Béhanzin dans la mémoire des festivaliers venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique pour assister aux 300 spectacles programmés dans le cadre de la 10ième édition du MASA, c’est un pari gagné pour Tola Koukoui, metteur en scène de la pièce.

Edouard KATCHIKPE, envoyé spécial à Abidjan

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