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CHRONIQUE de Maoudi Comlanvi JOHNSON : L’Ecole ou la rhétorique des incantations !

Écrit par Educ'Action on .

On a toujours du plaisir à écouter notre Président : Il est précis et concis, mais il est surtout lucide : Il se rend compte que selon l’adage populaire : ‘‘Tant qu’il y a à faire, rien n’est fait !’’
En effet, lorsqu’on examine ce discours du seul point de vue de l’éducation, on se demande véritablement ce que le Président aurait pu citer en termes d’acquis : une année scolaire apaisée ? Des examens qui ont donné plus de réussite ? Une gouvernance de l’école plus importante comme se sont plus à le dire les différents Ministres ? Tout ça n’est pas vraiment convaincant !
En fait, ce qui a changé dans l’école, au regard du projet éducation de Talon et du PAG, c’est :

  • d’abord des promesses jusqu’ici non tenues, car toutes les idées du candidat n’ont pas pu se retrouver dans le PAG et certaines idées comme l’appel à candidatures des directeurs départementaux de l’enseignement, ont dû être réajustées après coup et disparaître au regard de la réalité politique ;
  • ensuite, la gestion trop centralisée du système impacte négativement sur les performances dans le sens où certains esprits de grandes compétences théoriques qui entourent le Président et impulsent la dynamique, semblent ne pas connaître ou ne pas tenir compte des dynamiques empiriques du terrain autant social que politique. La plus ou moins prise de conscience de cet aspect a donné les résultats plus «sociaux» qu’on retrouve au niveau des examens ;
  • enfin, l’école d’aujourd’hui a quand même le mérite d’exister à travers quelques lueurs comme les efforts de rationalisation de l’enseignement supérieur, le dialogue avec les syndicats au primaire sans oublier les quelques tentatives de promouvoir l’enseignement technique au secondaire.

Globalement, c’est trop peu, avec des Ministères qui ont encore besoin de plus d’autonomie et de plus d’équilibre dans les compétences. Si les anciens caciques repus du système se sont tapis dans certains antres institutionnels et font preuves, à chaque instant, de soumission au nouveau régime, il s’agira de récupérer et de promouvoir les différents techniciens de l’éducation qui les ont servis et qui sont aujourd’hui sur le carreau du fait de leurs anciennes mésalliances. La plupart ont juste servi et il y a cette difficulté de degré entre le service et la servilité, mais pardon! Ce sont des Béninois et il faut les aider à retrouver le sens de l’honneur : ainsi, si le Président a gracié des prisonniers de droit, pourquoi pas des commis de l’Etat qui n’ont eu de tord que d’avoir cherché à garder leurs postes pour  nourrir la famille...
Malgré toutes ces circonlocutions que j’ai développées, je suis obligé de dire la vérité puisque le Président l’a déjà présentée : pour l’instant, l’éducation béninoise, comme la plupart des secteurs, n’est fait que de promesses. En effet, le Président n’a pas cité de réalisations claires, nettes et probantes dans l’éducation ; il a juste annoncé plusieurs chantiers prochains.

  • Celui du CNE dénommé nouvelle génération que nous attendions impatiemment et qui devrait être suivi nécessairement de la nouvelle loi d’orientation de l’éducation qui la fonde ;
  • celui de la Cité Internationale de l’Innovation et du Savoir (CIIS) ;
  • celui de l’Initiative Présidentielle de Promotion de l’Excellence ;
  • celui de l’instauration d’une meilleure gouvernance dans tous les secteurs (j’ajoute cela pour attirer l’attention dessus).

La question est de savoir qui va s’occuper de ces initiatives : y aura-t-il du sang neuf qui viendra des cadres laissés pour compte qui s’ennuient à la maison ou rasent les murs des bureaux qu’il faut se décider à recenser et à utiliser (qu’en est-il de l’initiative d’appel à compétences ?) ou ce sera toujours les mêmes, les fameux nouveaux qui occupent la plupart des postes et s’amusent au jeu des chaises musicales ?
En même temps, la question essentielle consiste à se demander comment pouvons-nous vivre sans la conviction que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Certains esprits chagrinés diront qu’avec les marches et les soutiens au PAG, nos populations retrouvent le goût des sandwichs et autres ‘‘bissap’’ sans compter le billet de 500F CFA dont les petites gens s’accommodent. Moi, je dirai que le Bénin est en marche avec son Président, ses techniciens, ses politiciens, mais surtout les plus importants qu’il ne faut pas oublier : son peuple.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

 

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