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Résultats du baccalauréat 2018 au Gabon : 83% de taux d’échec, les acteurs de l’école au banc des accusés

Alors qu’en France, on brandit fièrement un résultat élogieux de 88,3% d’admis au baccalauréat 2018 après la session de rattrapage, la cuvée 2018 semble bien médiocre au Gabon avec un taux d’échec astronomique de 83% des candidats.

 Et de deux pour le Gabon. Les résultats du baccalauréat 2018 tendent à être identiques à ceux de 2017, avec un nombre impressionnant de candidats recalés. Seulement 3.943 candidats sur un total de 22.911 au baccalauréat général ont pu décrocher leur sésame au premier tour. Ce qui représente un taux d’échec de 82,79% pour le baccalauréat général. Quant à l’enseignement technique et professionnel, la situation semble davantage effarante. 88,9% des candidats dans cette option n’ont pas réussi à tirer leur épingle du jeu. Cette récurrence de mauvais résultats, renseigne sur la qualité du système éducatif gabonais et interpelle sur la responsabilité du corps enseignant, des dirigeants et des familles, rapporte sans ambages Africapostnews. Ainsi, de cette débâcle alarmante, les différents acteurs de l’école, et donc du système éducatif gabonais ont, à des degrés divers, leurs parts de responsabilité.

Elèves, parents, enseignants, dirigeants, au banc des accusés

De l’avis de nos confrères du site Africapostnews, les élèves candidats au bac sont les premiers à être mis à l’index. ‘‘De ces derniers, on attend une plus grande concentration sur leurs études, qu’ils soient consciencieux, rigoureux, moins dispersés pour certains, moins tournés vers l’alcool, le tabac et les autres substances illicites à l’instar des ‘’cobollos’’, prisés par la jeunesse gabonaises, etc.’’, laisse écharper cette source qui semble ainsi ventiler les vices des apprenants gabonais. Aussi, l’échec d’une génération d’élèves interpelle-t-il, sur la responsabilité des parents et des encadreurs dans le suivi, le soutien et l’accompagnement qu’ils doivent apporter à leurs progénitures au cours de l’année scolaire. En effet, il est admis que l’échec d’un élève est d’abord l’échec de ses enseignants. Certains témoignages recueillis auprès d’élèves pointent du doigt l’absence de pédagogie de certains enseignants, la volonté affichée de sous noter les élèves ou des pratiques criminelles comme ce qu’on désigne au Gabon sous l’appellation de « moyennes sexuellement transmissibles (MST) » qui consiste pour certains professeurs à exiger des élèves des faveurs sexuelles en échange d’une note de classe honorable dans leur matière d’enseignement. Les enseignants gabonais, souvent prompt à revendiquer de meilleures conditions salariales, devraient également faire de la lutte contre les MST et les pratiques anti-pédagogiques l’un de leur combat quotidien. Et c’est là l’autre invite des médias gabonais qui pensent que les enseignants pourraient être plus utiles et déterminants dans la réussite scolaire des candidats s’ils deviennent davantage responsables. Par ailleurs, les dirigeants gabonais ne sont pas disculpés face à ce lourd échec. Ils sont aussi toisés au même titre que les apprenants, les enseignants et les parents comme l’une des causes de la forte débâcle. « Incapables de construire le moindre établissement scolaire depuis près de 10 ans, les dirigeants gabonais ont favorisé la généralisation des classes pléthoriques où enseigner et apprendre sont des gageures », a fléché sur les responsables et gouvernants du Gabon cette source d’information. Elle relève aussi les retards répétés dans le paiement des primes ainsi que les vacations des enseignants qui ont fini par faire des mouvements de grève une constante du système éducatif gabonais. « L’Etat se montre également laxiste face aux pratiques anti-pédagogiques comme la sous-notation des élèves ... », a rappelé le site gabonais Africapostnews. C’est dire que le vers est dans le fruit et seul l’engagement des uns et des autres permettra de redresser la barre du taux des échecs et espérer l’éveil du système éducatif gabonais balbutillant.

Serge David ZOUEME