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Assainissement du système éducatif au Burundi : Filles mères et garçons pères interdits de l’école dès la rentrée 2018-2019

Alors qu’au Bénin, l’approche semble toute autre en matière de répression des auteurs des cas de grossesses à l’école, le Burundi veut aller par la main forte avec la possibilité d’interdiction des bancs aux jeunes filles engrossées dans la fleur de l’âge.

 

La rigueur est désormais de mise au Burundi et point de complaisance en faveur des apprenantes victimes de grossesses en milieu scolaire. Après l’interdiction de la mini-jupe, du défrisage des cheveux, du vernis à ongle dans les écoles, la Ministre burundaise de l’Eduction s’attaque à un nouveau chantier dans le cadre de la moralisation de la société. Les écolières enceintées, accidentellement ou non, ne seront bientôt plus accueillies sur les bancs de l’école. C’est de l’avis de l’autorité ministérielle, il y a une dizaine de jours, soutenu par une circulaire. Cette note administrative et officielle interdit désormais aux jeunes filles enceintes de réintégrer leur école, qu’elle soit publique ou privée (et du primaire au lycée) après la naissance de l’enfant. Une grande révolution, pourrait-on rétorquer. Seulement, cette mesure suscite déjà une levée de boucliers dans le rang des organisations de la société civile et ONGs burundaises qui dénoncent un recul et une décision qui pénalise les apprenantes victimes. De sources concordantes rapportées par le site de la Radio France Internationale (RFI), ‘’la directive serait venue directement du chef de l’Etat.’’ Le chef de cabinet du Président burundais, selon une correspondance datée de fin mai et parvenue à RFI, rappelle l’organe, a donc ordonné à la Ministre de l’Education au nom du Président Pierre Nkurunziza, d’interdire désormais la réintégration dans les écoles publiques ou privées, primaire, collège ou lycée, d’une fille ‘‘victime de grossesse’’ ou de la ‘‘contraindre au mariage’’. Cette mesure s’applique également ‘‘aux garçons auteurs de grossesse’’. Seule possibilité qu’il leur est offerte pour assurer leur avenir : faire une école des métiers ou suivre une formation professionnelle.
Suite à cette injonction, la Ministre burundaise de l’Education Janvière Ndirahisha, a donc repris quasi mot-à-mot, il y a quelques jours, la mesure présidentielle dans une directive envoyée aux responsables de l’Enseignement de toutes les Provinces du pays pour qu’elle soit mise en application dès la prochaine rentrée scolaire 2018-2019.

Serge David ZOUEME