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Système éducatif en panne à Madagascar : Déjà deux mois de grèves dans les écoles et lycées publics gardés fermés

Alors que l’accalmie semble revenir dans plusieurs pays avec un système éducatif plus ou moins fonctionnel, l’école est actuellement agitée à Madagascar. En fond de toile, le mouvement de débrayage des enseignants depuis des mois.

 

«Si année blanche il y a, ce ne sera pas notre responsabilité. » Ainsi donnait le ton de la crispation Claude Raharovoatra, président du syndicat des Enseignants éducateurs de Madagascar, joint au téléphone par Rfi. La situation va de mal en pire dans le pays de Hery Rajaonarimampianina, le chef de l’Etat. Même la nomination récente d’un nouveau ministre de l’Education, Horace Gatien, ne semble toujours pas ramener le calme entre acteurs de l’éducation. A l’origine du bras de fer qui dure depuis plus de deux mois, une série de revendications des enseignants au nombre desquelles la principale : obtenir une indemnité spéciale de 100.000 ariary (monnaie malgache), soit 25 euros, pour prendre en charge notamment leurs frais de logement ou de déplacement. Il faut y ajouter accessoirement le paiement des vacations de 2014 à 2017 dans certaines circonscriptions.
Pour obtenir le dégel, au lendemain de sa nomination, le nouveau ministre de l’Education a tôt fait de rencontrer les partenaires sociaux, les grévistes pour obtenir sûrement leur moratoire. Seulement, cette rencontre s’est soldée par un échec cuisant avec des enseignants bien dressés contre le gouvernement. Même la promesse du ‘’new comer’’ de régulariser les vacations, impayées de 2014 à 2017 dans certaines circonscriptions, n’a pas suffi à calmer les grévistes. « Le ministère des Finances rassemble des techniciens pour trouver des solutions. Mais face à la baisse des ressources de l’Etat, nous ne sommes pas encore en mesure de satisfaire les requêtes », a indiqué le ministre dans un communiqué à la sortie de cette rencontre sans enjeu. Du côté des enseignants manifestants, on peine à créditer le gouvernement de bonne foi. « Ce sont toujours les mêmes excuses. Nous avons assez patienté », rétorque le président du syndicat des enseignants éducateurs, Claude Raharovoatra. Malgré ce débrayage en cours, on reste confiant du côté du gouvernement. Contacté, le ministère de l’Education précise que ni un report des examens, ni une année blanche ne sont envisagés, mais il appelle les professeurs et enseignants à « prendre en compte les élèves qui passent leurs examens cette année. »
Il faut rappeler que cela fait plus de deux mois que les cours sont perturbés dans les écoles primaires, collèges et lycées publics de la capitale et des grandes villes du pays. Les élèves qui ont déjà pris du retard sur le programme à cause de l’épidémie de peste et du passage du cyclone Ava en janvier craignent actuellement une année blanche. Les syndicats toujours sur pieds de guerre, appellent leurs collègues à continuer la mobilisation jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.

Serge David ZOUEME