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Système éducatif Ouest-africain : La double face de l’école ivoirienne, le Bénin pas trop loin

Le système éducatif ivoirien, en dépit de ses prouesses, trainent encore les pas que vient de relever une étude sur l’état des lieux de la scolarité des enfants ivoiriens. Pendant ce temps, le Bénin meut aussi avec les problèmes de son système éducatif.

Comme dans bien de pays et chaque année, il est fait un focus sur l’état de santé de l’école avec une dose de chiffres et statistiques descriptifs. Cette année, la Côte d’Ivoire n’a pas dérobé à cette tradition. Le ministère de l’Education de ce pays a rendu publique une étude sur l’état des lieux de la scolarité des enfants ivoiriens. Un document dont le contenu contraste bien, cette année 2018, avec les progrès et rénovations enregistrés dans le secondaire, puis les soucis en ce qui concerne le primaire. Selon le site Rfi qui a rapporté l’information, dans les écoles primaires publiques de la Côte d’Ivoire, soit 94.767 classes, on compte en moyenne 41 élèves par classe. Sur ces 3.900.000 élèves du primaire, l’étude de la direction de la stratégie du ministère de l’Education révèle que 5,1% d’entre eux abandonneront leurs études à ce stade sans aller plus loin dans leur cursus. Un chiffre qui augmente progressivement depuis 2013 alors qu’il n’était que de 3,8%, il y a quatre ans, indique la source. Plus grave, alors que depuis 2015 l’école est obligatoire pour les enfants de 3 à 16 ans, plus de 25 000 élèves n’ont pu avoir accès à l’école, la plupart du temps. En outre, un élève sur trois seulement dispose d’un manuel de lecture ou de calcul dans le primaire. Ces handicaps en début de scolarité semblent pourtant moins dommageables dans le supérieur où l’étude constate que le taux de réussite au baccalauréat augmente régulièrement, avec cette année un taux de réussite de 44,98%. Un élève sur deux est bachelier alors qu’il n’était qu’un élève sur trois en 2013 ; une progression encourageante, se félicite le site d’information. Mais le rapport de la direction nationale de l’éducation souligne que, malgré le caractère obligatoire, tous les élèves de Côte d’Ivoire n’ont pas accès aux cours faute de locaux et de professeurs.

Le Bénin, pas trop loin

Si on pourrait s’offusquer de la situation en Côte d’ivoire, le Bénin n’est pas autant mieux loti en termes de chiffres. En effet, la mesure de gratuité de l’éducation de base mise en œuvre depuis 2006 a montré ses disparités avec des statistiques effarantes. A la faveur d’une communication intitulée ‘’Gratuité de l’école au Bénin : bilan et perspectives ’’ présentée par Abdel Rahamane Baba-Moussa, Secrétaire Technique Permanent du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education (STP-PDDSE) lors de la conférence-débat organisée par le Réseau des Acteurs de Développement de l’Education (RADEB), le jeudi 24 mai 2018, à l’Hôtel KTA à Cotonou, on retient hélas que « sur un taux de 141% d’apprenants qui sont entrés en classe de CI, seulement 20% sont restés jusqu’en classe de terminale ». « Quand cette décision avait été prise, tous les enfants entraient à l’école comme on entrait dans le moulin. De 50.000 apprenants, on est passé à 82.000 apprenants au lendemain de la prise de cette décision », a souligné Paul Loko, président du RADEB, avant d’indiquer que l’école est rendue gratuite certes, mais c’est maintenant que les frais à payer par les parents sont devenus plus excessifs.

Serge David ZOUEME