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Sénégal/Après le décès d’un des leurs : Les étudiants sénégalais mobilisés réclament justice

La situation reste critique au Sénégal dans le monde universitaire. Après le décès froid d’un de leurs camarades, Fallou Sène, les étudiants sénégalais réunis au sein des syndicats veulent aller jusqu’au bout pour obtenir réparation.

 

Actuellement, c’est bien le fiel sur les campus universitaires et dans bien de grandes villes du Sénégal. La tension demeure vive et les syndicats d’étudiants, mobilisés que jamais, tiennent à aller jusqu’au bout pour obtenir gain de cause après le décès de leur ami, Fallou Sène, le 15 mai dernier. Dans les facultés des universités de Saint-Louis, Ziguinchor et Dakar, les mouvements de mécontentement couplés aux protestations des étudiants sont visibles et latents. Ils ne démordent pas. Approchés dans ces entités de savoirs, les responsables syndicaux et leaders grévistes maintiennent les même slogans : « Que justice soit faite pour Fallou Sène », rapporte le site Rfi. Des marches de colère et d’indignation sont aussi annoncées pour, renseigne la même source, faire pression sur les autorités politiques actuellement indexées par les manifestants. « Nous voulons que les responsabilités soient établies, que les responsables soient sanctionnés », explique Alexandre Mapal Sambou, coordinateur des étudiants de Saint-Louis au micro de Rfi. Au lendemain de l’incident et à l’appréciation des grognes qui ne cessent de monter au sein de l’opinion, il a été ouvert un dossier judiciaire pour faire toute la lumière. Par ailleurs, les étudiants et même des parents d’étudiants exigent que la justice militaire sénégalaise soit aussi saisie. « Nous attendons et étudierons les décisions qui seront prises », ajoute le militant étudiant selon la Radio France Internationale.

La porte du non retour ?

Dès les premières heures des échauffourées, le président sénégalais Macky Sall a rencontré les étudiants grévistes. L’objectif était bien de ramener la balle à terre, calmer les manifestants pour permettre le retour au calme et la reprise des activités sur les campus du pays. Mais en dépit de ce pas d’humilité, les étudiants maintiennent la pression sur les autorités et demandent incessants les départs des ministres de l’Enseignement supérieur et des Finances, qu’ils estiment responsables des difficultés rencontrées par les étudiants à toucher les bourses scolaires. Il faut rappeler que tout est parti d’une manifestation des étudiants pour demander le paiement des bourses universitaires après dix jours de retard dans le paiement. Alexandre Mapal Sambou, leader et coordinateur des étudiants de Saint-Louis, maintient : « Nous sommes allés voir avec nos convictions le président qui nous a présentés ses condoléances, nous sommes repartis avec nos convictions ».
Autre endroit, autre réalité ! A l’université Gaston-Berger, les dortoirs se sont vidés. Quelques étudiants étrangers ont, malgré le risque, maintenu leurs dortoirs sur ce campus. Fofana Modibou est doctorant, originaire du Mali. Il n’a nulle part où aller en attendant la reprise des cours : « ça paralyse tout. C’est devenu un facteur qui nous fait perdre non seulement du temps, des moyens financiers, d’autant plus que l’on habite très loin ». La précarité des étudiants côtoie également la lourde crise estudiantine. Maleng Baldé est membre du syndicat étudiant de l’université et, de cette précarité, il en a assez : « Des fois on trouve des étudiants dans les allées du campus qui réclament à leurs camarades de les aider pour pouvoir manger ou se restaurer. L’étudiant qui n’a pas mangé, il ne peut pas assister au cours ».
La situation est bien préoccupante actuellement au Sénégal, et la volonté des uns et des autres d’aller de l’avant constitue le seul gage pour le retour au calme.

Serge David ZOUEME