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Manifestation violente pour le reversement des bourses au Sénégal : Un étudiant tué, le bras de fer toujours perceptible

Passé le dur moment du débrayage dans les écoles et collèges, le Sénégal retombe dans une nouvelle crise aux conséquences graves dans l’enseignement supérieur. A l’origine, une manifestation des étudiants pour le reversement des bourses universitaires qui a dégénéré.

Si la mobilisation estudiantine semble timidement tombée, le bras de fer reste latent entre gouvernement et étudiants, surtout après le décès d’un des leurs. En effet, le mercredi 16 mai dernier, un des étudiants manifestants est passé de vie à trépas lors des manifestations qui visait le reversement des bourses universitaires. Il s’agit de Fallou Sene, 25 ans, étudiant en lettres, tué à Saint-Louis, à l’université Gaston Berger. Dans ce bras de fer, les pierres répliquaient au gaz lacrymogènes des forces de l’ordre ; la scène était simplement atypique et rare. Les affrontements étaient violents ce mercredi 16 mai à la mi-journée. De nombreux blessés sont à déplorer dans le rang des étudiants, a rapporté le site Rfi. La mobilisation étudiante s’est clairement accentuée dans plusieurs universités du pays à Gaston Berger, Bambey, Ziguinchor, Dakar, etc. Tout le campus Cheikh Anta Diop est, en effet, bloqué depuis 10h ce mercredi matin, tous les accès fermés par les étudiants comme Ibrahima. « Depuis ce matin, le campus est bloqué. On ne va jamais reculer », assure-t-il au micro de Rfi, avant de poursuivre ‘’Rien ne fonctionne actuellement, tout est bloqué, tout est paralysé au sein de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar’’. « En ce moment, on n’attend rien des autorités parce que le président nous avait promis qu’on n’aurait plus de retard de bourses. Ce n’est pas n’importe qui, qui a parlé. Il nous a déçus », a-t-il ajouté, selon la même source.

Les mots de condoléances de Macky Sall

De leur côté, les autorités ont multiplié les déclarations depuis mardi pour tenter de ramener le calme. Le porte-parole du gouvernement Seydou Gueye, mais aussi le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye ou encore le ministre des Forces armées Augustin Tine, qui a fait passer le message du chef de l’Etat. Macky Sall a, en effet, présenté ses condoléances à la famille de Falou Sene, l’étudiant tué, mardi à Saint-Louis. « Le président de la République présente ses sincères condoléances à la famille. Quoi qu’il arrive, nous pouvons manifester, mais aller lancer des pierres en direction des personnes qui sont chargées de votre sécurité, cela pose problème », a déclaré Augustin Tine, le ministre des forces armées.

La société civile sénégalaise réagit

Les autorités ont promis une enquête sur ce drame. Les étudiants exigent la justice et la société civile a également multiplié les déclarations, notamment le mouvement « Y’en a marre », représenté au Sénégal par Fadel Barro qui estime que la violence des forces de l’ordre est devenue quotidienne. « C’est un sang de trop qui coule. C’est la deuxième fois qu’un étudiant meurt sous le régime de Macky Sall. C’est trop. Le 19 avril dernier, des jeunes de «Y’en a marre» ont été tabassés dans les commissariats de police et il ne s’est absolument rien passé. Il faut que, cette fois-ci au moins, des têtes tombent. C’est une répression de plus en plus sanglante, c’est une poussée autoritaire et c’est cela qu’il faut arrêter. », a affirmé Fadel Barro, rapporte Rfi.

Serge David ZOUEME