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Secteur éducatif au Sénégal : Après la tempête, l’école s’ouvre aux apprenants

Passée la période des oppositions sur fond de grève, professeurs et gouvernement viennent de trouver un point d’accord au grand bonheur des apprenants. L’école s’ouvre à nouveau aux apprenants du Sénégal.

 

Au Sénégal, après le fiel éducatif, maintenant le miel éducatif. Et pour cause, les différents acteurs de l’école, précédemment en opposition, ont sonné le glas du débrayage, favorisant ainsi la reprise des activités académiques dans le système éducatif du pays et ceci après quatre mois de grève par les professeurs. Les syndicats de l’éducation et le gouvernement ont donc fumé le calumet de la paix en redonnant espoir aux apprenants et parents d’élèves. Les enseignants, dans leur grand nombre, ont repris le chemin des classes après une ultime réunion de négociation avec le président Macky Sall, vendredi dernier. La principale revendication des professeurs a été entendue. Il s’agit de leurs indemnités de logement qui vont passer de 60.000 à 100.000 francs CFA d’ici l’année 2020. Et pour rattraper le retard pris dans les programmes scolaires, le calendrier des examens de fin d’année est en voie d’être réaménagé. Un tour de terrain de bien de professionnels des médias sénégalais a permis de constater que les cours ont repris normalement au Lycée Blaise Diagne de Dakar. Mais, les élèves sont toujours inquiets en dépit de cette avancée. L’adage renseigne que « Qui craint le serpent s’assaille à la vue du macaroni ». En effet, ils craignent que cette avancée dans le dialogue soit de courte durée. Par ailleurs, ils se préoccupent du grand retard observé dans le déroulement des cours (quatre mois de grève) pendant que les examens de fin d’année avancent à grand pas. C’est le cas, par exemple de Omar, élève en classe de terminale, qui passe cette année le baccalauréat alors qu’il n’a pas encore atteint la moitié du programme. « On a fait que cinq leçons en histoire-géographie alors qu’il y a presque trente leçons à faire. Ils ne font que photocopier les leçons et nous donner ça. En tout cas, moi personnellement, je ne pourrai pas tout apprendre », a-t-il lâché, rapporté par le site Rfi.

Les rattrapages...

Dans les classes, les professeurs se retroussent les manches. Ils accélèrent la cadence. Boubacar Diallo enseigne le français. Depuis janvier, il a fait grève plus d’une fois. Mais, aujourd’hui il est soulagé du dénouement de la crise, car pour lui les négociations avec les autorités ont trop duré. « Notre combat, c’est comment faire pour essayer de rattraper le temps perdu. Nous autres enseignants, nous partions en grève la mort dans l’âme. Ce n’est pas de gaité de cœur qu’un enseignant part en grève », a-t-il déclaré, ému, selon la même source. L’accord conclu avec le gouvernement prévoit une hausse substantielle des indemnités de logement accordées aux enseignants. Une augmentation qui va peser lourd dans le budget de l’Etat : environ 70 milliards de francs CFA en plus d’ici 2020.

Serge David ZOUEME