RAVIP 02

Paralysie du système éducatif au Sénégal : Les enseignants boudent l’école pour la valorisation des indemnités de logement

Telle une pandémie, les débrayages courent dans les milieux éducatifs sur le continent africain. A l’instar du Bénin, le Sénégal traine aussi son lot de grèves avec un appel retentissant des partenaires sociaux, le mercredi 21 mars dernier.

 

Le système éducatif sénégalais appelle au secours. Dévastées par un récurrent débrayage depuis des semaines, les écoles sont fermées, mouvant au mot d’ordre des partenaires sociaux. Déjà le mercredi 21 mars 2018, les six (06) principaux syndicats du pays, après l’échec des négociations avec les autorités, ont appelé à une grève totale des enseignants. L’un des motifs majeurs du durcissement est bien l’indemnité de logement dont ils exigent l’augmentation. Aliou Dione, professeur d’Histoire et Géographie à Dakar, décide de s’associer au mouvement de débrayages ; lui qui habite avec sa famille dans un petit appartement dans un quartier populaire de la ville capitale. « Le salaire et l’indemnité, le tout réuni, ne permettent pas à l’enseignant de vivre de façon décente et cela impacte sur la qualité des enseignements et des apprentissages », a-t-il expliqué, rapporte le site Rfi.
En effet, depuis dix (10) ans, les indemnités de logement des enseignants sénégalais n’ont pas augmenté. Elles sont de 60. 000 francs CFA, et c’est, selon les syndicats, insuffisant pour se loger dignement, renseigne la même source. Face à cette situation qui déteint sur les conditions de vie des acteurs de l’école, ils demandent que l’indemnité de logement passe à 100.000 francs CFA par mois. En face, le discours est tout autre. Les autorités du pays proposent aux grévistes qu’elle soit de l’ordre de 75.000 francs CFA, poursuivit cette source. « Nous sommes un pays sous-développé, il faut que tout le monde le comprenne. Nos ressources sont limitées et on ne peut pas aller au-delà de nos possibilités financières », affirme Mohamed Diagne, un responsable du Ministère de l’Education, selon Rfi.
Alors que la tension est vive, les examens du baccalauréat, le brevet de fin d’études moyennes et le certificat de fin d’études élémentaires doivent se tenir suivant le calendrier scolaire dans environ trois (03) mois. Les apprenants, candidats potentiels à ces examens, sont, hélas, loin des classes d’enseignements. Abdoulaye Fané, le président de l’Union nationale des parents d’élèves, soulève à raison la crainte d’une année blanche. « Nous comprenons le sentiment des syndicalistes mais à côté du droit de grève, il y a le droit à l’éducation que les syndicalistes doivent prendre en compte », a-t-il déclaré, martèle le site Rfi. Pour exiger leur droit à l’éducation, les élèves ont aussi manifesté pour demander aux autorités et aux syndicats de trouver enfin une solution à la crise scolaire.

Serge David ZOUEME