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La difficile équation !

Notre réflexion de cette semaine va encore porter sur le secondaire, le grand, l’immense chantier de l’école béninoise depuis des dizaines d’années.

Un secondaire où il y a tellement de problèmes ; un secondaire qui n’est même pas passable au regard des problèmes qu’il traine depuis des lustres : des écoles publiques peu performantes en termes de qualité ; un enseignement technique qui n’évolue pas sans compter un enseignement professionnel peu performant, sans grand moyens. Des privés de plus en plus chers, où on se contente de fabriquer des singes savants sans véritable compétences avec un programme qui doit être vite terminé. Bref, tout cela existe et c’est tout !
L’école a commencé depuis le milieu de septembre. Nous en avions parlé et nous avions constaté que dans la plupart des écoles autant au primaire qu’au secondaire publiques, l’école est ouverte, les enfants sont là ; les parents ont fait le nécessaire avec les achats indispensables : cahiers, kaki, manuels et autres cahiers d’activités aussi utiles et inutiles les uns que les autres pour des professeurs paresseux et mercantiles. Mais est-ce que les enseignants sont vraiment en classe ? Les administrations de l’éducation sont-elles passées dans les écoles pour constater l’effectivité des cours dans toutes les classes ; ne serait ce que vérifier l’application des mesures liées aux vacataires ? Car le plus grand problème reste encore là ! La plus grande partie des vacataires n’est pas en classe et malgré l’effort louable du ministère pour planifier le processus, on se retrouve pratiquement à la case départ. Maintenant, en plus des censeurs et directeurs qui recommencent à re-dicter leurs lois, c’est une nouvelle race qui tient l’école en otage : ceux qui sont censés avoir des diplômes académiques de licence et de maitrise dans les matières enseignées et qui se sont inscrits au minimum dans trois écoles et jusqu’à ce jour font de la gymnastique pour choisir l’école qui leur convient compte tenu de leurs heures dans le privé. Ainsi, pour la plupart, ils sont devenus des casse-têtes pour les écoles, voulant imposer leurs choix d’heures par tous les subterfuges afin de favoriser leurs heures privées.
Pendant ce temps, ceux qui sont sur la liste d’attente, attendent et sont sollicités au compte-goutte alors que censeurs et directeurs glissent dans les classes les autres enseignants non retenus qui sont venus les «voir» à la maison. Quels pays ! Quelle école !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe