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L’histoire et la philosophie

Ce qui me parait souvent étonnant, ce sont les lieux communs que nous colportons, mais qui ont souvent une large part de vérité !

On dit généralement que l’histoire est un éternel recommencement : elle se répète. Quel que soit ce qui se passe, on se rend compte que cela s’est déjà passé à travers l’histoire des hommes, de telle façon, qu’en ce jour, notre chronique va faire œuvre utile à plusieurs titres : faire de l’histoire et aussi de la philosophie. Ainsi, toutes les générations se retrouveront (vieux, jeunes, etc.) sans compter toutes les couches sociales (politiciens, cadres et administrateurs, personnes encore plus humbles).
Mais alors le problème qui va se poser, c’est de toucher deux catégories : les politiciens dont le cœur (de granit) ne s’intéresse à personne d’autre qu’à eux-mêmes, et ensuite l’immense majorité de la population qui ne sait pas lire, qui n’a pas le temps de lire et que cette ignorance détruit autant que la pauvreté.
Lorsqu’on examine notre Bénin de nos jours, on se surprend à se demander comment vivre heureux dans cette société en pleine décadence ? C’est la question principale de la philosophie post-socratique, c’est-à dire les philosophes qui sont venus après Socrate, figure centrale de la philosophie antique ! Certains esprits chagrins pourront penser que cela ne nous concerne pas trop ou exactement. Moi je dis que oui ! Parce qu’ils pensent qu’il serait mieux de dire en ce qui nous concerne : comment survivre dans cette société où tout va à vau-l’eau ; à la dérive autant le social, l’économique, le politique que l’éducation.
N’avons-nous pas au Bénin le droit de vivre ! Avons-nous chèrement payé pour notre démocratie pour voir une nouvelle race à laquelle nous avions cru nous piller, nous voler, nous asservir ? Je pense que nous avons le droit non seulement de vivre, mais aussi et surtout de vivre heureux. Cette vie et ce bonheur s’accommodent en réalité de peu. Surtout pas de richesse ostentatoire, de corruption, de compromission, de népotisme, d’une aliénation pernicieuse à travers les réseaux sociaux. En définitive, tout est mis en œuvre aujourd’hui par une minorité pour asservir la majorité : la collusion entre le politique et l’économique est complète. A partir de là, c’est le social qui en pâtit à travers des exécuteurs de basses manœuvres qui n’hésitent pas à sacrifier le petit peuple des besogneux (besogneuses surtout) qui, au bord des routes, font le tissu économique. On nous dit que les routes doivent être belles, les alentours des écoles aussi ; mais nous n’observons aujourd’hui que la désolation, un peuple qui se tait rumine et commence par regretter le passé proche. Comment faire face à cette situation ?
Les philosophes de cette période post-socratique à savoir les épicuriens, les stoïciens et les sceptiques notamment, avaient des visions différentes mais pas opposées.
Pour les épicuriens, il faut jouir des plaisirs de la vie ! Je sais, nos politiciens et autres canailles se voient déjà dans la bombance. Or le plaisir, selon ces hommes sages, est juste dans l’équilibre et les joies simples. Le plaisir ici est synonyme de peu ; il va avec une ascèse de la vie.
Pour les stoïciens, il faut cultiver la sagesse et la vertu. Plus simplement, dans ce monde troublé, il faut s’occuper de ce qui dépend de nous ; chercher à l’influer positivement et laisser ce sur quoi nous ne pouvons agir et ne pas nous faire du mauvais sang. C’est difficile, c’est vrai.
Les sceptiques, eux, veulent surtout démontrer que face à la nature où rien n’est sûr, où on ne peut parvenir à des certitudes, il faut cultiver la quiétude.
Toutes ces philosophies aboutissent à une seule recommandation à savoir : parvenir à l’ataraxie, c’est-à-dire à la paix de l’âme. Comment parvenir à cette paix, notamment de l’âme lorsqu’on a faim et soif ; lorsqu’on se rend compte qu’une minorité nous a pris en otage et se moque.
Sachons raison garder ! Je vous ai dit que dans l’histoire, nous avons toutes les réponses. Nous devions commencer par les pardonner, les interpeller et leur rappeler pourquoi nous les avions mis là, tout en leur chantant la fameuse chanson de GG Vickey : « mais un jour, nous serons assez fort pour contrer le vent qui souffle. La terre brillera enfin pour nous et nous aurons la liberté ».

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe