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La rentrée et ses problèmes !

La rentrée a-t-elle eu lieu sur toute l’étendue du Bénin ; dans les écoles publiques et privées ; au Primaire et au Secondaire ? Nous serons tenté de répondre par l’affirmative.

La question à laquelle nous répondons ici, est de savoir si le principe de la rentrée retenue pour le 18 septembre a prospéré. A-t-on suivi le mot d’ordre pour vaquer aux différentes occupations qui font la rentrée : Les parents qui achètent les fournitures scolaires, les écoles qui sont ou qui commencent à être apprêtées, la longue file des parents venant quémander une place pour leurs enfants, les différentes circulaires ministérielles, directoriales venant planifier les occupations et préoccupations, etc. ?
Nous savions que cette rentrée ne sera pas la plus facile, car elle comporte une nouveauté principale qui a nécessairement des répercussions. Comment résoudre et intégrer un certain nombre de problèmes nouveaux induits par ce changement de date ? L’Etat a-t-il, par exemple, pensé que le fait de commencer en début d’octobre était un facteur monétaire important pour les écoles privées ? Comment alors prendre en charge les deux semaines supplémentaires aux enseignants ? Il y a eu beaucoup de subterfuges puisqu’on ne pouvait pas augmenter l’écolage. Savez-vous qu’on a trouvé le moyen de soutirer quelques subsides des poches des parents ? Bref ! N’épiloguons pas là-dessus. Nous avions compris depuis longtemps qu’à l’école, la variable d’ajustement se situe dans la poche des parents. Je suppose que les nouveaux problèmes créés par le déplacement de la date vont s’ajuster dans quelques années.
En même temps, il y a un de ces problèmes qui est actuellement le plus ardu, le plus difficile à gérer à savoir : le souci de rationalisation des vacataires au Secondaire, sinon celui d’une meilleure allocation des ressources liées à une meilleure maîtrise des dépenses publiques liées à leur paiement. Mais, le Ministère en charge du Secondaire croyant bien faire, se retrouve devant une situation plus que préoccupante. A travers les différentes études, il a été démontré que ce qui faisait la disqualité de l’enseignement au Secondaire, c’est le caractère hétéroclite des vacataires qui y enseignent. Ils n’ont pas la qualification pédagogique pour la plupart, et n’ont pas aussi la qualification académique ; le diplômé de Sciences économiques enseignant les Maths, celui de Linguistique enseignant le Français sans compter d’autres concessions et compromissions liées aux rançonnements des administrateurs de l’école, etc.
Il a été donc instauré des commissions d’études avec des repères et barèmes précis. Mais on s’est vite rendu compte de la difficulté sinon des difficultés: pas assez de personnes qui ont le bon profil ; les critères retenus ne permettront pas de recruter assez d’enseignants dans les classes, etc. C’est donc, en définitive, très difficile d’apprécier globalement les qualités des plus méritants d’autant plus qu’on se retrouve devant une situation curieuse: les échos recueillis sur le terrain ne plaident pas toujours en faveur de ceux qui semblent avoir le bon profil.
C’est pourquoi jusqu’ici, la grande majorité des collèges publics n’ont pas encore véritablement commencé, faute d’enseignants. Le ministère a lui même reconnu la chose à travers un circulaire signé par le Directeur de Cabinet qui stipulait que les choses entreraient dans l’ordre au 30 septembre 2017 : ce qui fait déjà donc une rentée en octobre ! On me dira que les listes sont disponibles maintenant, mais des listes sur lesquelles on a été obligé de faire beaucoup de concessions. Le problème, c’est que tant que les vacataires ne seront pas en place et ne commenceront pas l’école, on ne pourra pas parler de rentrée. Heureusement que depuis hier lundi 02 octobre, on a autorisé les vacataires à se mettre dans la danse, faisant ainsi leur comeback dans les collèges publics.
On ne peut nier que l’initiative n’a pas été louable, mais elle va prendre du temps pour vraiment se mettre en place. En attendant, l’école publique retient son souffle. Pendant ce temps, les élèves des écoles privées font déjà des devoirs. Mais, il n’y a pas d’autre solution si nous voulons aller à l’excellence : il faut changer, reformer pour une meilleure gouvernance !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe