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La santé scolaire, l’autre équation !

La rentrée est là et elle coïncide avec celle de la plupart des pays de la CEDEAO. Enfin, nous sommes dans les rangs et au diapason et nous devions en être contents.

C’est vrai que c’est dans la poche des parents que ce moment important se ressent le plus.
En même temps, nous oublions que les états majors des ministères concernés ne dorment pas aussi : Que de décisions à prendre ! Que de choses à préparer ! Les plus apparents, ce sont les décisions prises en Conseil des Ministres : le paiement des primes de rentrée aux enseignants, la mobilisation en partie des subventions pour le fonctionnement des écoles et établissements, etc. On oublie souvent les innombrables lettres circulaires vers les directeurs d’écoles pour résoudre quelques problèmes pédagogiques ; les directeurs qui doivent s’occuper des transferts des élèves, commencer les simulations pour avoir un emploi de temps possible ou probable au regard des enseignants qu’on a sous la main en attendant quelques mutations, et surtout le nombre de salles de classes dont on dispose sans compter la pression démographique qui sera plus forte compte tenu de la morosité économique.
C’est pourquoi, les premières semaines de la rentrée dans les écoles publiques, surtout au collège demeurent des moments d’ajustement. Même les enseignants titulaires et aussi les vacataires se ruent d’abord vers les écoles privées afin de caler quelques heures avant de revenir vers le collège public où le censeur rentre dans une période d’insomnie et de casse-tête...
Comme d’habitude, les écoles privées sont prêtes. Pas nécessairement parce qu’elles sont plus performantes. C’est juste parce qu’elles n’ont pas, comme dans le publique, cet important coefficient d’incertitudes et ces variables d’ajustement imprévisibles compte tenu de la lourdeur administrative, sans compter les syndicats lorsqu’ils s’en mêlent.
La rentrée est donc là et moi, parent d’élève, j’ai une préoccupation qui m’est plus chère que l’argent des fournitures et de l’écolage et qui apparemment ne semble pas préoccuper grand monde à savoir : la santé de nos enfants. Je me dis qu’avant que les enfants ne mettent pied à l’école, ils doivent subir un bilan médical ! N’est-ce-pas plus important que tout le reste ? Et pourtant, personne n’en parle! Le gouvernement ne devrait-il pas profiter de la rentrée pour un bilan médical des enfants en accord avec les établissements à peu de frais ? Ceci ne devrait-il pas être un impératif de base ? On se surprend alors à constater que des milliers, sinon des millions d’enfants vont se côtoyer et se transmettre toutes les maladies et les germes possibles parce que l’on n’y pense pas; parce que cela n’est pas une priorité ?
Dans chaque collège, il y a une infirmerie, au primaire, il y a un service sanitaire. Il est important, voire indispensable, qu’à chaque rentrée, on puisse faire un point sanitaire de nos enfants, les vacciner, déceler dès ces âges ceux qui risquent d’avoir des maladies graves, etc. Existe-il une direction de la santé scolaire pilotée à la fois par les ministres en charge de l’éducation et le ministère de la santé sans oublier les finances et le plan ? C’est ça la vision holistique de l’éducation !
Imaginez tout le travail que l’Etat peut faire à partir de cette prise en charge sanitaire à la base de tous nos élèves. Les médecins, les infirmiers et sages femmes profiteront pour parler de sexualité aux plus âgés qui ont déjà beaucoup de pratiques sexuelles sans aucune théorie sur la gestion de leur cycle sexuel, qui ne savent même pas comment se laver et laver un caleçon proprement, car aussi étonnant que cela va vous paraître, le Whatsapp n’apprend pas ces éléments de base.
De plus, ce sera l’occasion, dans les contrées rurales, de donner aux jeunes filles des armes contre les grossesses précoces. Pour la plupart de nos spécialistes qui résolvent les problèmes de notre éducation depuis leurs bureaux capitonnés et qui n’ont jamais enseigné dans les contrées reculées, savez-vous que même dans les classes avant la troisième, on trouve des garçons qui sont des pères de famille ? Bref...
En attendant que l’Etat se décide à faire quelque chose, dites-nous docteur ce qu’il faut faire pour la santé de nos enfants avant de les envoyer à l’école !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe